Artiste : Swans
Album : Birthing
Label : Mute
Lien : https://mute.com/artists/swans/
Style : Rock, Alternatif & Indé
Avec rigueur, le groupe Swans publie des albums qui restent peu abordables mais ne déçoivent jamais les fans de leur rock sombre, entre gothique et industriel. Tel est encore le cas avec Birthing.
Formation aux multiples itérations, entre pauses et changements réguliers de musiciens, Swans reste porté par le guitariste chanteur Michael Gira. Au départ proche de Thurston Moore de Sonic Youth, le groupe opère des changements de style tout en gardant une base lourde et sombre. Loin d’être un tendre, le chanteur a même régulièrement fait preuve de violence envers le public de ses concerts durant les premières années, et malgré une aura importante au sein de la communauté rock indé, le succès commercial du groupe reste limité, au point de causer des déboires avec le label MCA et de pousser les artistes à développer un modèle économique finançant l’enregistrement d’album studio par la vente de disques live ou venus d’autres projets.
Aujourd’hui bien installé dans des sonorités industrielles aux tempi ralentis, le Swans de 2025 nous fait plonger dans des ambiances crépusculaires, presque post-apocalyptiques dans lesquelles il ne reste que peu de place pour des proto-mélodies. Sur de longues plages, qui porte la durée du disque à presque deux heures, Michael Gira scande des paroles morbides et violentes, entre cri et incantation sur fond de distorsion et de saturation des guitares, qui s’étalent sur un tapis de percutions semblant venir d’horizons lointains. Malgré tout, l’exigence originale qui a toujours dominé la destinée du groupe est toujours présente dans ce nouvel opus ténébreux.
Même si les ambiances sont marquées et lourdes, elles ne sont pas le fruit d’un amalgame à la densité impénétrable. Les éléments qui les constituent gardent une belle lisibilité. La voix en premier lieu laisse percevoir toutes ses intonations et se voit parfois accompagnée des chœurs. La guitare sait démontrer une belle variété de timbres, se fendant de quelques parties acoustiques toujours insérées dans un léger maelstrom de sons. Enfin, les percussions jouent un rôle central dans la sensation de masse qui ressort à l’écoute de ce disque.











