Artiste : Jacques Brel
Album : Les Marquises
Label : Universal Music Division Barclay
Lien : https://fondationbrel.be/home
Style : Chanson Française
Évidement tout a déjà été dit et écrit sur ce pilier de la chanson française que l’on ne peut dissocier de Georges Brassens et Léo Ferré, en raison de leur importance réciproque, comme de leur rencontre pour le magazine Rock&Folk en 1969 qui a donné lieu à une interview et une série de photographies, qui aujourd’hui encore sont un marqueur de la culture française. Jacques Brel, lui qui se morfondait au sein de la cartonnerie familiale, qui a appris la musique en autodidacte en observant sa mère jouer sur le piano de la maison, sa première guitare qu’il s’est acheté avec ses économie et dont le début de carrière fut difficile. Dans ses textes il fait preuve d’une observation acérée des sentiments humain, ses mots, d’une justesse peu commune, donnent à ses morceaux les plus célèbres une universalité à l’épreuve du temps. Son implication dans l’interprétation de ses chansons fera aussi beaucoup pour son succès. Cependant il prit ses distances avec la scène à la fin des années 60 et il se consacrera plus à sa carrière cinématographique.
En 1974 il entreprend un tour du monde en voilier, mais son projet est contrarié par le diagnostic d’un cancer du poumon. Il s’installe alors aux Îles Marquises. C’est là que, se sachant condamné, il commence à écrire des textes empreints d’une grande émotion, dont certains parlent du vieillissement et de la mort. Il revient à Paris en 1977, où il retrouve ses complices François Rauber et Gérard Jouannest pour enregistrer ce qui sera son dernier disque. C’est le premier avec de nouvelles compositions depuis dix ans, l’attente est donc importante pour un artiste de cette envergure. On ne prend pas trop de risques à dire que ce disque est probablement son plus beau, en tout cas le plus poignant, au-delà du contexte les textes vont droit au cœur, Jojo, Voir Un Ami Pleurer en sont des sommets. Mais l’ironie qui a pu faire sa célébrité n’est pas absente avec Les Remparts de Varsovie ou Les F… À cela s’ajoute toujours une interprétation qui implique l’auditeur.
Les titres de cet album alternent entre une orchestration très travaillée aux arrangements recherchés, à la façon de ce que l’on retrouve dans la chanson française qui se positionnait loin de la variété de cette époque et d’autres plus intimes ou la voix se contente d’un accompagnement qui va chercher la simplicité pour être encore plus touchante et pénétrante. Il en est de même avec les rythmes qui peuvent être enlevés quand le thème du morceau est plus léger voir moqueur puis passer à une lenteur qui donne plus de poids aux mots et aux émotions. Sur les nouvelles éditions se trouvent cinq titres issus des mêmes sessions qui ne déméritent pas mais n’apportent rien non plus. Les résonances dues au lieu d’enregistrement sont parfois palpables et certains passages peuvent solliciter le bas du spectre dans les environnements mal amortis. Si votre système le permet cet album gagnera à être écouté à partir d’un support vinyle de qualité, surtout pour la voix grâce à un médium mieux rendu mais encore faut-il trouver un pressage de qualité.











