Avec le concept The Wall, fidèle à sa renommée de longue date, Davis Acoustics présente plus qu’une enceinte aux performances exceptionnelles. Ici, le créateur et producteur français d’équipements destinés aux mélomanes les plus exigeants propose une nouvelle vision de la restitution sonore. En effet, l’architecture des The Wall a pour ambition de réconcilier la très haute-fidélité avec la vie dans un (vaste) intérieur domestique. Un concept né du constat que, dans l’immense majorité des cas, il était bien difficile, voire impossible, de faire cohabiter des enceintes de haute qualité, aux caractéristiques satisfaisantes, et une architecture d’intérieur tant classique que moderne.
Avec The Wall, qui a aussi pour ambition de relancer la gamme Heritage de Davis Acoustics, il est véritablement possible de parler de « mobilier acoustique ». L’enceinte devient un élément de décoration d’intérieur à part entière, au même titre qu’une étagère ou une vitrine, tout en répondant pleinement à sa vocation d’outil de restitution sonore fidèle, réaliste et émouvante. De plus, ce rôle d’objet de décoration qu’a offert Davis Acoustics à ses nouvelles enceintes offre la possibilité de se libérer des habituelles contraintes liées à leur positionnement au sein de l’espace d’écoute. Il n’est plus questions ici de les dissimuler ou de les reléguer en coin de pièce où elles auraient bien du mal à s’exprimer pleinement. Grâce à leur allure d’élégant monolithe mince et élancé, elles trouvent tout naturellement leur place pour devenir un élément de mobilier susceptible d’affirmer la personnalité de la pièce d’écoute conformément à sa double vocation d’auditorium et de pièce à vivre.
Une assise impressionnante
Cependant, pour Davis Acoustics, fidèle à sa vocation de recherche de perfection dans la restitution sonore, il était indispensable d’offrir à ces enceintes une qualité d’écoute à l’image de leur look. Pour répondre à cet impératif, Davis Acoustics a opté pour une architecture trois voies mettant en œuvre quatre haut-parleurs d’exception. Pour des basses bien charpentées et à l’incroyable profondeur, les enceintes The Wall mettent à contribution deux woofers à très fort débattement assemblés au sein d’une charge type push-pull. Les deux woofers de 21 cm de diamètre pourvus de membranes en carbone se regardent l’un l’autre : l’un dans un caisson clos, et l’autre dans un caisson ouvert par un évent de décompression dont l’embouchure interne est coupée à 45°. Cette charge push-pull filtre naturellement (mécaniquement) l’ensemble en passe-bande (30 Hz à 100 Hz) ; il suffit de rajouter un filtre 6 dB à 100 Hz pour assurer la coupure. La gestion du médium est confiée à un haut-parleur frontal logé dans la partie supérieure de l’ébénisterie. Il travaille quasiment en mode large bande. À noter que son moteur exploite un aimant TiCoNAl. Un matériau qui offre la possibilité de disposer d’un champ intense et linéaire au niveau de l’entrefer du moteur et dans lequel se déplace la bobine mobile. Celle-ci baigne ainsi dans un champ magnétique intense et constant quelle que soit l’amplitude de ses déplacements. Un point qui garantit un taux de distorsion particulièrement faible. Il est doté d’une bague en cuivre pour linéariser l’impédance. Sa membrane est en kevlar. Il est placé dans un caisson bass-reflex avec évent arrière.

Transparence et douceur réaliste
Un tweeter à cône équipé d’une membrane en fibre de verre/aramide vient prolonger la réponse en fréquence de ce haut-parleur de médium dans l’aigu. L’utilisation d’une membrane conique et non d’un traditionnel dôme sur le tweeter constitue l’une des spécificités de ces enceintes. Des choix technologiques qui garantissent une restitution remarquablement équilibrée et permettent de délivrer un aigu bien présent sans pour autant virer à l’agressif ni l’excès de brillance. Par ailleurs, le haut-parleur de médium et le tweeter sont logés très proches l’un de l’autre. Cet assemblage confère à la section médium/aigu un fonctionnement proche de celui d’une source ponctuelle. Un point qui garantit à l’image sonore que délivrent ces enceintes beaucoup d’ampleur et un très beau relief associé à une localisation spatiale précise de chaque élément du paysage sonore.
Une symbiose avec l’habitat
Pour simplifier encore leur mise en place, ces enceintes sont parfaitement symétriques esthétiquement. Elles peuvent ainsi être indifféremment attribuées au canal droit ou gauche de la restitution stéréophonique. Une malléabilité qui permet de jouer avec l’esthétique de l’installation grâce à la présence de leur toile noire frontale à la découpe inclinée. Enfin, pour des finitions à l’élégance irréprochable, ces enceintes s’habillent d’un placage en bois naturel véritable couleur noyer. Un choix de finition qui fait de chaque système The Wall un exemplaire unique. Ce « mur sonore » aussi impressionnant par ses dimensions inhabituelles que séduisant par son élégance méritera d’être associé aux meilleures électroniques. Pour cela, il se dote également de deux bornes WBT généreusement dimensionnées capables d’accepter tant directement des câbles de forte section que des fiches bananes ou des fourchettes.
L’installation
Les The Wall sont larges et hautes, mais assez peu profondes. Il sera donc possible de les installer facilement dans une vaste pièce car elles ont besoin d’espace, mais surtout en évitant les coins. En revanche, une relative proximité avec le mur arrière n’est pas gênante.
Dotées d’un rendement favorable, ces enceintes sont assez souples sur le choix de l’amplification. Mais si nous pouvons vous donner un conseil, c’est de choisir un ampli suffisamment tonique, car les The Wall s’expriment fort avec conviction et demandent engagement et énergie de la part de l’électronique.
Chaque enceinte sera emballée avec les roulettes, qui serviront à la sortir facilement de son carton. L’installation d’une planche en bois près des roulettes pour ne pas abîmer le carton est prévue. D’autre part, une clé sera fournie pour enlever facilement les roulettes de l’enceinte. Enfin des patins en téflon seront déjà vissés sur le dessous de l’enceinte. Le client souhaitant mettre des pointes pourra se servir du pas de vis des roulettes, mais les pointes ne seront pas fournies… Nous avons pu écouter ces enceintes dans différents environnements, y compris chez Hi-Fi 35, à Rennes, qu’il en soit ici remercié.
Le son
La haute-fidélité n’échappe pas à un certain conformisme, et les enceintes acoustiques en particulier. Depuis maintenant plusieurs années, la mode est aux colonnes fines équipées de nombreux petits transducteurs. Mais certains constructeurs n’hésitent pas à s’en affranchir, en témoigne Davis Acoustics et son étonnante The Wall. On pourrait presque dire que le constructeur troyen a pris l’exact contre-pied de tous les autres. En effet, ses nouvelles enceintes sont peu profondes, très larges, très hautes, nanties d’une finition en bois traditionnel et placées sur de pratiques (mais très anti-audiophiles) roulettes. Pas de panique, il sera possible d’y mettre des pointes ou des cônes. Comme certains, nous avons regardé cet anachronique objet avec étonnement, mais ça bien sûr, c’était avant de les écouter. Et si nous ne devions retenir qu’un seul aspect de leur performance sonore, ce serait l’immense coefficient de plaisir ressenti. Au risque d’être un peu trivial, nous dirions que les The Wall parviennent à recréer un extraordinaire mur du son. La musique est partout dans la pièce, de manière très structurée. Le son est grand, parfois immense, vient au-devant de vous en fonction des circonstances et des spécificités de chaque enregistrement. Il parvient à rester presque intime sur un madrigal de Monteverdi, ou tout simplement dantesque sur un morceau de jazz comme l’exceptionnel Voix croisées du quintet de Didier Levallet.
Avec les The Wall, on est clairement plus en prise avec la performance musicale, qu’avec les contingences sonores. On lâche totalement l’analyse pour aborder des considérations de mélomane. L’élément le plus bluffant de leur performance est la façon dont elles réussissent à mettre les différentes composantes du morceau en perspective, à habiter l’espace sonore. Elles reproduisent un niveau de relief tout à fait inhabituel. La deuxième vertu instantanément identifiable a trait à leur magistrale gestion de la dynamique. Elles sont capables d’accélérer de façon étonnante, sans la moindre trace de compression. Par conséquent, le son semble toujours d’une douceur et d’une fluidité étonnantes. Si jamais quelque chose coince pendant que vous les écoutez, ne les blâmez pas, mais interrogez-vous sérieusement sur l’environnement (mariage, câblage, installation…). Ce sont des enceintes acoustiques libres et libérées. Elles ne brident en aucun cas la reproduction, bien, au contraire, elles semblent la soulager. Le message est énoncé de façon très naturelle. Rien ne lui fait obstacle. Avec The Wall, le son est vivant, incarné, matérialisé à un niveau assez différent. Il est moins évanescent, plus « rempli ». C’est un parti pris qui, assurément, ne plaira pas à tout le monde. D’aucuns le qualifieront de vintage. Nous ne saurions pas lui attribuer un quelconque qualificatif, hormis peut-être celui de jubilatoire ou de jouissif. En tous les cas, si vous aimez les sensations fortes, vous serez servis.

Notre conclusion
Nous avons eu un coup de cœur pour ces enceintes. Elles nous ont fait voyager. Sortir de notre quotidien, si excellent soit-il. Elles sont clairement en marge de la production des enceintes haut de gamme de ce niveau de prix. Et c’est justement cela qui les distingue et les rend uniques en leur genre. Non seulement, leur look est différent, mais leur reproduction sonore encore davantage ! Ne vous arrêtez pas à cette première impression, allez les écouter, car vous risquez d’être fort surpris par leur remarquable aptitude à vous transporter sur le lieu de l’enregistrement. Non, seulement nous adhérons à ce concept, mais plus encore, nous devons féliciter le constructeur Davis Acoustics d’avoir osé se lancer dans une entreprise aussi disruptive. Parfois, les rêves sont faits pour être réalisés.
FICHE TECHNIQUE : DAVIS ACOUSTICS The Wall (enceintes acoustiques)
- Origine : France
- Prix :
- 22 000 € (noyer)
- 25 000 € (finitions Luxe)
- Dimensions : 700 x 1300 x 300 mm
- Poids : 100 kg
- Puissance admissible max. : 120 W
- Bande passante : 30 à 20 000 Hz
- Rendement : 91,5 dB
Paru dans VUMETRE n° 49
VUMETRE N°49
Septembre – octobre 2023 Version papier : 10 € (frais de port inclus) / Version digitale : 7 € Outre le plaisir de découvrir les nouveautés liées à votre passion et l’activité de l’industrie audio, nous vous proposons deux formats :











