Avec son NAD M23, l’entreprise éponyme propose un amplificateur à la prodigieuse puissance dans un encombrement tout à fait réduit et avec une belle carrosserie. Pour parvenir à une telle performance, le constructeur canadien a opté depuis déjà plusieurs mois pour les nouveaux circuits Eigentakt nés des recherches de Purifi Audio.
L’amplification numérique classe D a longtemps souffert d’une réputation de restitution brillant à l’excès. En revanche, la gestion des puissances les plus élevées avec un excellent rendement reste l’un de ses atouts majeurs. Une spécificité qui lui permet de gérer les enceintes les plus récalcitrantes avec une poigne de fer.
NAD, pour sa part, a constaté que la sensation d’agressivité perçue au niveau du numérique était essentiellement liée à des restes de distorsion harmonique, d’intermodulation, voire de bruit résiduel. Afin d’éliminer totalement ces effets indésirables, la marque a doté le NAD M23 des modules Purifi.
Cette troisième génération d’amplification numérique élimine pratiquement toute distorsion harmonique et d’intermodulation. De même, elle garantit un niveau de bruit de fond particulièrement bas, le rendant inaudible. Les microdétails que contient le message sonore peuvent ainsi s’exprimer pleinement sans se trouver noyés au sein d’une brume acoustique les rendant indécelables.

Une conception classe D configuration Eigentakt
Pour illustrer ce constat, les étages de puissance du NAD M23 travaillent en classe D et donc en configuration Eigentakt. Ils sont dimensionnés de manière très généreuse. Capables de délivrer plus de 200 W par canal sous 8 ohms, ils se dotent de performances exceptionnelles, notamment en termes de réponse en fréquence.
Elle est parfaitement linéaire sur l’intégralité du spectre audible avec un écart maximum inférieur à ±0,3 dB entre 20 Hz et 20 000 Hz, même lors de la gestion d’enceintes « exigeantes ». Cette linéarité est aussi liée à la très faible impédance de sortie que possède le M23. Elle lui confère un facteur d’amortissement supérieur à 800, ce qui lui permet effectivement de dompter les configurations les plus rebelles en toutes circonstances.
Une alimentation à découpage ultraréactive
Reste que l’alimentation conditionne aussi le comportement d’un amplificateur et peut même être son talon d’Achille. Souvent, les constructeurs préfèrent opter pour des circuits d’alimentation traditionnels, à la technologie éprouvée, basés sur un lourd transformateur associé à des condensateurs dotés d’une très forte capacité.
Ici également, NAD ose l’innovation en dotant le M23 d’une alimentation à découpage. Outre un coût – et surtout un poids – bien inférieurs à celui que proposent les alimentations conventionnelles, très réactives aux appels de courant, elle offre au M23 la capacité de rester stable en toute circonstances et de disposer d’un taux de distorsion extrêmement bas tout en garantissant un excellent facteur d’amortissement. Trois conditions qu’ont bien du mal à assurer simultanément de nombreux amplificateurs de puissance.
Un monstre de puissance en mode bridge
Enfin, le M23 est conçu pour s’intégrer au sein des installations les plus prestigieuses. Pour cela, sa connectique se dote de prises XLR sur ses entrées. Il reste néanmoins compatible avec des environnements plus modestes grâce à la présence d’entrées asymétriques sur prises RCA. Enfin un jeu de mini-sélecteurs propose de régler son gain ou même de le faire travailler en mode bridge. Il se transforme alors en un monstrueux bloc de puissance mono capable de délivrer 700 W en continu sous 8 ohms.

L’installation du NAD M23
Le NAD M23 est équipé de pieds coniques qui peuvent être utilisés tels quels ou avec des coupelles concaves fournies pour ne pas abîmer le support sur lequel vous le poserez. C’est un bloc de puissance stéréophonique qui est bridgeable en mono. On pourra donc l’utiliser dans un grand nombre de configurations différentes. Mais à moins d’avoir des enceintes particulièrement gourmandes, un seul ampli en stéréo est largement suffisant pour la majeure partie des cas. Attention à la phase secteur ; il y est très sensible.
Le son du NAD M23
Nous utilisons un amplificateur de puissance équipé du circuit Eigentakt de Purifi depuis plusieurs mois maintenant, et nous n’avons donc pas été dépaysés en découvrant le son du NAD M23. Ce circuit constitue la troisième génération des travaux de Bruno Putzeys sur la classe D’après le circuit UcD chez Philips et le Ncore chez Hypex. Ce qui frappe le plus dès les premières notes de musique, c’est le silence de fonctionnement et la limpidité du son. Nous pourrions mettre au défi beaucoup d’amateurs, dans le cadre d’écoutes en aveugle, de déterminer la classe de cet ampli.
Tout ce qui pouvait alimenter la polémique à l’égard de la classe D semble ici avoir disparu. Pas la moindre trace de dureté, le son est en permanence d’une douceur tout à fait étonnante. Les timbres sont particulièrement naturels, ni chaleureux, ni froids, mais justes. Il suffit d’écouter la plupart des instruments acoustiques ou des voix pour comprendre que le NAD M23 ne triche pas. Le comportement dynamique est particulièrement efficace. La différence entre les sons les plus ténus et les plus violents est comblée hyper rapidement.
Cette réactivité particulièrement efficace participe également de la grande douceur de la reproduction sonore du NAD M23. L’absence de confusion, d’approximation, garantit un suivi mélodique sans faille. La rythmique ne s’écroule jamais, bien au contraire, et elle est maintenue avec un contrôle excellent même à des niveaux sonores que la morale réprouve.
Une des plus belles vertus du M23 est de pouvoir reproduire la scène sonore avec une exactitude de haut niveau. À chaque nouvelle plage musicale correspond un environnement sonore bien particulier, avec des coordonnées précises, un volume adéquat et une gradation parfaite des plans sonores. À l’écoute, on perçoit vraiment l’ambiance du lieu de l’enregistrement, sa structure, sa personnalité.
À l’extrême limite, si l’on devait formuler une critique, et encore, ce serait tout au plus une remarque, on pourrait dire que le NAD M23, comme tous les amplis à base de Purifi, est d’une neutralité inconditionnelle. Et comme en matière d’amplification nous avons l’habitude depuis toujours d’êtres environnés, voire séduits par un certain nombre de colorations, nous pouvons être un peu désorientés à l’écoute d’un appareil qui reste d’une droiture tout à fait étonnante. Ce qui fatalement nous fait réfléchir sur notre rapport à la neutralité.

Notre conclusion
Si vous recherchez un amplificateur de puissance virtuellement sans limites et capable de vous offrir le maximum de neutralité possible à ce niveau de prix, ne cherchez pas ailleurs, vous l’avez trouvé ! Non content d’être très bien fabriqué, de proposer un niveau de puissance inédit pour ce prix, ainsi que différentes capacités d’adaptation pour se plier à un grand nombre de configurations, le M23 est construit par un des ténors de l’audio contemporain, lui assurant en outre une sorte de garantie imprescriptible.
D’une manière plus générale, on constate que les amplificateurs en classe D ont considérablement progressé ces dix dernières années. Considérant que pour les meilleurs d’entre eux, ils offrent désormais des performances sonores à peu près équivalentes à leurs homologues en classe A, A/B, et qu’ils consomment infiniment moins de courant électrique, la hiérarchie va fatalement évoluer. Mais comme en hi-fi, plus que dans beaucoup de disciplines, tout est affaire de goût, il est fondamental de vous livrer à une écoute attentive avant de vous décider.
Auteurs : Estève Fabry et Laurent Thorin
Fiche technique : NAD M23
- Origine : Canada
- Prix : 4 299 €
- Dimensions : 480 x 280 x 430 mm
- Poids : 10,5 kg
- Puissance
- 2 x 200 W sous 8 ohms
- 2 x 400 W sous 4 ohms
- 1 x 700 W sous 8 ohms
- Réponse en fréquence : 20 Hz à 20 kHz ±0,03 dB
- Rapport signal/bruit : >105 dB (mode faible gain)
- Facteur d’amortissement : >800 sous 8 ohms
Paru dans VUMETRE N°44
VUMETRE N°44
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