Artiste : William Sheller
Album : En Solitaire
Label : Universal, Mercury Records
Lien : https://www.youtube.com/watch?v=R1wAXsbVlHE
Style : Chanson Française
La vie de William Sheller pourrait facilement faire l’objet d’un biopic. Sa mère quitte son père sans garder aucun lien et il apprendra cet épisode seulement au moment de la mort de sa mère. À l’age de trois ans il part vivre aux États-Unis où sa mère et son beau-père fréquentent les grand nom du Jazz. Avec ces yeux d’enfant il assimile cette musique à la ségrégation et aux conflits. À l’age de sept ans il revient en France où il est pris en charge par ses grands-parents maternels qui travaillent dans le milieu du spectacle, ce qui lui permet d’assister à de nombreuses représentations. Exposé à ce monde, à dix ans il décide que son avenir sera dans la musique « comme Beethoven ». Il apprend donc le piano et se lance dans la composition. Conscient de ses limites, de manière originale et en dehors de tout cadre académique il devient l’élève de Yves Margat. C’est par hasard qu’il rencontre la musique pop en se rendant chez une amie qui lui fait découvrir notamment les Beatles. Sous le choc, il décide, au grand dam de son professeur, de se lancer dans la musique de variété. Il compose et arrange beaucoup pour les autres car face à l’insuccès de ses quelques 45 tours il a décidé d’abandonner le chant. C’est Barbara qui, séduite par sa composition Lux aeterna, le pousse à reprendre l’interprétation. En 1975 il sort son premier album éponyme et il rencontre le succès grâce au tube Rock’n’dollars. Depuis, ses productions sont régulièrement saluées par la critique et le public jusqu’à ce qu’il mette un terme à sa carrière musicale pour raison de santé. Ces épisodes sont relatés en détail dans sa biographie.
William Sheller est habitué à mélanger la chanson française avec une inspiration classique où le symphonique est bien présent avec des arrangements de cordes travaillés, mais il est autant ouvert aux expériences et aux brassages musicaux. Au cours de sa carrière il s’est approché de styles comme le rock progressif ou la musique électronique. Pour cet album de 1991 le positionnement est tout autre. L’artiste qui aime se renouveler fait le choix d’un accompagnement minimal à ses textes touchants, il est seul face à son piano, en studio mais tout de même face à un public de 200 personnes. Il réinterprète certains de ses titres les plus connus, auxquels il rajoute un inédit : Un Homme Heureux. Ce titre est peut-être son plus grand succès, en tous les cas un morceau qui a marqué le début des années 90 en France par son importante diffusion sur les médias. Assurément, ces versions intimistes piano voix rajoutent un brin de sensibilité et de subtilité à des titres déjà empli d’une douce nostalgie.
Cette prestation est enregistrée dans un studio, donc un lieu n’ayant pas une acoustique marquée, cependant, celui-ci étant d’un volume conséquent, la table d’harmonie peut parfaitement s’exprimer, notamment dans le médium et le grave. Voix et piano sont sensiblement au même niveau, gardant chacun une belle lisibilité pour les textes comme les mélodies. La légèreté du dispositif permet de suivre aisément le travail de l’auteur compositeur qui sait, avec ses mots et l’enchaînement de ses notes, créer des airs entêtants et touchants. Sur les meilleurs systèmes on pourra suivre le jeu des deux mains et apprécier la diction comme les légers bruits de respiration ainsi que les sifflantes à peine marquées. Le public se fait entendre en frappant des mains à chaque fin de morceaux et c’est un bon test pour les enceintes qui montrent trop de verdeur en ayant une sonorité qui sera agressive ou métallique.











