Artiste : Viagra Boys
Album : viagr aboys
Label : Shrimptech Enterprises
Lien : https://www.vboysstockholm.com/
Style : Rock, Punk
Viagr Aboys, quatrième album des Viagra Boys, montre qu’ils sont toujours à l’aise dans le punk rock énergique, mais qu’ils savent aussi explorer des musiques plus complexes pour lorgner vers d’autres horizons musicaux et renouveler l’intérêt.
Les Viagra Boys sont un groupe suédois dont la formation, en 2015, fait suite à une soirée karaoké qui s’est déroulée dans le salon de tatouage employant ses deux fondateurs. Des membres du groupe, le chanteur Sebastian Murphy est le seul à ne pas être né en Suède, mais de mère suédoise, il est parfaitement bilingue. Après deux EP, le groupe publie un premier album en 2018. Celui-ci reçoit un bon accueil critique, autant dans son pays qu’en Angleterre. Le troisième album est primé aux Grammy suédois et en 2023, les musiciens font la première partie de la tournée des Queens Of The Stone Age pour une quinzaine de dates.
Leur musique prend pleinement sa source dans le punk et pour Viagr Aboys, on sent fortement l’inspiration du rock garage ou du proto-punk, toujours avec une dose de décalage presque second degré qui rappelle dans une certaine mesure la démarche du groupe Devo, à laquelle des paroles acerbes ajoutent une forme d’auto-dérision. En plus de la rythmique et de la guitare se démarquent bien les instruments à vent, dont un saxophone qui prend à plusieurs reprises une belle place dans l’accompagnement, lorsque les compositions s’éloignent des canons du genre punk-rock.
Parfaitement dans le style et l’image des prestations scéniques du groupe, la production de ce disque cultive un rendu foutraque et débraillé qui pourra déboussoler l’audiophile dans un premier temps. Cependant, des parallèles peuvent être fait avec le free jazz et la musique d’avant-garde. De plus, si les compositions sont foisonnantes, la prise de son est loin d’être brouillonne et ne mise pas que sur l’énergie, comme on peut trop souvent le voir dans ce style musical. Sa clarté permet d’apprécier les tonalités de chaque instrument, autant que la voix à peine éraillée de Sebastian Murphy, qui sait se faire plus douce sur le dernier titre.










