Artiste : Jimmy Page, Robert Plant
Album : No Quarter
Label : EMI
Lien : https://www.youtube.com/watch?v=yETIDSRh6TA
Style : Rock, Hard Rock
Le rock, pour faire sa transition vers des musiques plus lourdes, a été détourné de ses intentions festives par des groupes dont la musique peut aujourd’hui être appelée classic-rock. Pourtant dans les années 70 il en était tout autre et les inspirations comme les frasques autour de ce mouvement musical étaient vues comme étant particulièrement sulfureuses. Parmi tous les groupes qui ont marqué le passage du rock au hard rock, s’il y en a un qui a marqué la légende, par l’impact de sa musique comme par les incidents qui ont émaillé ses tournées, c’est bien Led Zeppelin. Rencontre entre quatre personnalités qui n’auraient jamais du se croiser, ils sont les auteurs d’une série d’albums incontournables, certains diront qu’il faut posséder toute leur discographie, pour ma part je m’arrêterais à Physical Graffiti, ce qui nous fait tout de même six albums qui ont tous leur importance. D’autres diront que seul le titre Stairway To Heaven trouve grâce à leurs yeux. À l’attention de ceux qui voudrait connaître plus avant leur parcours et les multiples anecdotes qui ont accompagné l’ascension de ces musiciens, jusqu’à la mort du batteur John Bonham, je ne saurais que trop conseiller leur biographie par François Bon ou les ouvrages à leur sujet aux éditions le mot et le reste.
En 1994, quatorze ans après la fin du groupe, Jimmy Page et Robert Plant, qui ont tous deux une carrière solo au succès relatif, se réunissent pour un disque reprenant certains des titres phares de Led Zeppelin plus quelques inédits. Cette réunion a été sollicitée par la chaîne de télévision MTV afin de compléter sa fameuse série des Unplugged. Cependant, plutôt que de simplement reprendre leurs chansons en acoustique, ce qui aurait déjà été merveilleux, les deux compères décident de pousser l’expérience plus loin. Ils font intervenir le London Metropolitan Orchestra et surtout, marqués par leurs séjours précédents au Maghreb, ils y retournent pour enregistrer avec des musiciens marocains ou un ensemble égyptien. Difficile de donner plus de sens au mot réinterprétation, les morceaux, ainsi transformés pour partie en studio, pour partie en live, transcendent les genres et donnent une dimension insoupçonnée aux compositions. Parfois méconnaissables, parfois familières, les chansons nous entraînent dans des contrées ou se mêlent rock et musique du monde.
Dans ce disque à l’équilibre subtil, aucune des parties de perd de son identité et chacune semble renforcée par l’autre. Les anciens de Led Zeppelin ne renient rien de leur énergie, tout comme les musiciens traditionnels ne trahissent aucunement leur authenticité et tous font preuve d’une virtuosité au service du plaisir pour l’auditeur. Le timbre des cordes et des percussions se laisse apprécier même quand les motifs se répètent sur un rythme qui s’accélère, à la façon des musiques de transe. La multitude, lorsqu’elle se fait présente reste lisible et les voix sont toutes expressives. La logique différence d’ampleur entre les parties studio et celles en plein air pourra être plus ou moins marquée selon les systèmes sur lequel vous écoutez ce disque. À noter qu’il existe une version vidéo de l’album mais qui ne semble plus disponible qu’en occasion et que, selon la date d’édition, la liste des titres pourra différer. Voilà comment une musique magnifique peut servir de matière pour s’élever encore plus haut.











