Artiste : Farah Kaddour, Marwan Tohme
Album : Ghazel
Label : Ruptured
Lien : https://farahkaddour.com/
Style : Musique du Monde, Électronique
Titulaire d’un master en musicologie et maîtrisant l’improvisation grâce à une longue pratique instrumentale commencée à l’âge de quinze ans, Farah Kaddour féminise avec classe les musiques arabes et le bouzouk en particulier. Évoluant au cœur de la scène expérimentale libanaise, qui mélange tradition et modernité, c’est au sein du groupe Sanam qu’elle rencontre le bassiste Marwan Tohme, lui aussi généreux en expériences musicales (il vient du groupe Postcard), mais évoluant dans le style shoegaze. Cet album fait suite à la première parution en solo de la part de Farah Kaddour, Badāsortie en 2024.
Se connaissant par ailleurs, la collaboration entre les deux musiciens s’est faite naturellement à la suite de concerts basés sur l’improvisation. Partant de la tradition, Farah Kaddour n’hésite pas à amener son jeu vers de nouveaux horizons. Ceux-ci sont incarnés par l’apport de Marwan Tohme, qui utilise soit une guitare, soit l’électronique pour créer des textures et des ambiances pleines de douceur et de calme. Les deux facettes qui habitent ce disque parviennent à créer un mariage à l’équilibre subtil, les instruments modernes laissant toute la place nécessaire aux cordes du bouzouk pour s’exprimer.
Le son clair de l’instrument à cordes métallique, qui se différencie du oud, est bien rendu par une prise de son suffisamment précise, qui parvient aussi à éviter avec bonheur d’être trop froide. De plus, le jeu refuse une virtuosité inutile et permet d’apprécier les résonances et les timbres dans toute leur ampleur. Les nappes sonores créées par le studio ou les instruments électriques, même si elles peuvent sur certains passages occuper l’ensemble de l’espace, viennent en général valoriser le bouzouk, comme un écrin qui entoure l’objet qu’il contient sans lui voler la vedette. La légèreté règne sur les tempi ralentis comme sur l’ambiance générale de ce disque.










