Référence incontournable dans l’univers des enceintes hi-fi, Dali peut aujourd’hui s’enorgueillir d’offrir l’un des catalogues produits les plus complets de sa catégorie. L’équipe danoise a toujours su surprendre par la qualité de ses créations, des tonitruantes Epikore aux minuscules Fazon. Aussi, à l’annonce d’une nouvelle enceinte très abordable, la Kupid, nous avons tout de suite voulu l’essayer.
Fondée en 1983, la Danish Audiophile Loudspeaker Industries fêtera bientôt ses 45 ans d’existence. Une épopée presque semi-séculaire qui aura vu la transformation d’une petite manufacture scandinave en véritable mastodonte européen – portée par son fondateur Peter Lyngdorf.
Véritable pointure dont le nom résonne encore jusqu’aux plus hautes sphères, notre inventeur se révèle être à l’origine de maisons particulièrement réputées : Nad, Gryphon ou même… Lyngdorf Audio. Et cela, sans compter bien-sûr Hifi-Klubben, groupe relativement discret pour le mélomane français ou belge, mais comptant pas moins d’une centaine d’adresses au-delà de nos vertes contrées.
Ce savant mélange, mû par la volonté de combiner le meilleur du design industriel, de la fabrication danoise et de l’artisanat individuel, se révèle idéal pour garantir aux audiophiles de tous bords le meilleur son possible – notamment via l’usage exclusif de transducteurs maison. Une volonté parfaitement incarnée par leur crédo : « La technologie est le moyen, la musique est l’objectif. »

Nouvelle Dali, pas si Kupid !
Modernes et colorées, les Dali Kupid marquent une nette rupture avec les précédentes enceintes de la marque, sans pour autant renier tout ce qui a fait le succès des gammes Oberon et Sonik.
Premier changement majeur : l’apparition de la couleur. Proposées dans les coloris noir (Black Ash) et blanc (ou plutôt Caramel White), les petites Kupid profitent aussi de teintes affriolantes : jaune or, noyer ou bleu foncé (Chilly Blue). Une variation parfaitement mise en lumière par une qualité d’assemblage rehaussée et de nombreuses améliorations cosmétiques : disparition des vis apparentes en façade (tant pour le tweeter que le woofer), caches magnétiques et non plus clipsés, et même borniers enceintes nettement plus rigides et entièrement métalliques.
Des corrections, plus qu’une révolution, mais suffisantes pour percevoir une réelle avancée en termes de qualité perçue, les enceintes surpassant à ce niveau leurs grandes sœurs sur tous les plans, sans augmentation tarifaire.
Même constat en ce qui concerne les transducteurs : si la Kupid adopte une topologie deux voies classique, elle profite là encore d’optimisations intéressantes. D’abord via son tweeter, 3 mm plus étroit que celui des Oberon (26 mm), mais couvrant un spectre plus large (2,1 – 25 kHz) aidé par un nouveau cône de dispersion assurant une meilleure largeur de scène. Même constat pour le woofer de médium/grave – toujours doté d’une membrane en pulpe de cellulose – qui perd 1” mais gagne un event bass-reflex à double évasement, garantissant un grave puissant sans augmentation de la distorsion harmonique.
Les Oberon gardent bien sûr quelques atouts face aux nouvelles venues : sensibilité supérieure (86 dB contre 83 dB), puissance presque doublée avec 106 dB pour les Oberon 1, contre 103 dB sur les Kupid et surtout l’adoption du SMC (Soft Magnetic Composite) pour ses bobines. Suffisant pour conserver une longueur d’avance face aux nouvelles Kupid ? C’est ce que nous allons découvrir.
L’utilisation
Enceintes passives au format bibliothèques, les Dali Kupid s’installent en un tournemain. Pourvues d’un unique duo de borniers (pas de bicâblage donc, mais qui en aurait voulu dans cette gamme ?), il suffira de connecter chaque canal aux sorties d’un amplificateur stéréo, voire multicanal dans le cadre d’un usage home-cinéma.
Elles sont fournies avec huit patins en caoutchouc que nous ne saurions que trop vous conseiller d’utiliser, tant pour des questions de confort – désolidariser les enceintes de leur support reste un prérequis, même dans ces budgets – que de positionnement : ultra légères malgré leur coffrage en bois, elles auront tendance à glisser compte tenu de leur finition satinée…
Relativement sensibles (83 dB/4 Ω), les Kupid se suffisent de peu pour démarrer. Notre premier essai ? Un WiiM Amp (369 €), ampli numérique très abordable, parfaitement à l’aise sur les petites Dali, sonorisant sans peine les 20 m2 de notre bureau d’écoute. Même constat une fois associées à un duo de Fosi Audio Mono V3 (289 € la paire), deux minuscules blocs de puissances, pourtant capables de délivrer… 240 W sous 4 Ω ! et grâce auxquelles les enceintes se sont révélées sous un meilleur jour ; prouvant une nouvelle fois l’importance d’une énergie de qualité.
Ce sera d’ailleurs ces deux blocs, combinés au DAC de la même marque (le ZH3), qui seront retenus pour la majorité de nos écoutes. L’ensemble permettant de rester sous la barre symbolique des 1 000 €, tout en conservant une empreinte minimale sur notre bureau.

Le son
Si les petites Spektor avaient déjà su nous charmer, les Kupid jouent ici dans une tout autre cour. Propulsés par les blocs mono, il n’aura suffit que de quelques mesures pour se rendre compte de tout le travail accompli par la firme danoise. Timbres plus riches, meilleure tenue de graves, largeur de scène étendue sans effet de bord : les petites nouvelles font mieux sur absolument tous les points.
Plus droites, plus sèches, elles gardent néanmoins cette délicieuse rondeur dans le bas-médium et produisent un son plein, particulièrement agréable à volume d’écoute modéré, en droite lignée des modèles Rubikon (toutes proportions gardées). D’ailleurs, cette approche n’est pas sans rappeler les dernières KEF Q1, les Kupid privilégiant la justesse des phrasés, surtout lorsqu’elles sont puissamment alimentées.
Car, si un WiiM Amp ou un Rega IO sera amplement suffisant pour en profiter, c’est encore mieux armées que les enceintes sauront vraiment se dévoiler. Combinées au flamboyant Musical Fidelity A1 (voir notre test VUmètre n°49 ou ici), les enceintes se voient transfigurées, la membrane en papier vibrant avec fougue et célérité, bien en rythme quel que soit le genre usité. Radiohead, Anyma, Carpenter Brut, Red Hot Chili Peppers, tous auront su profiter de ce combo, chaque écoute en entraînant une seconde, puis une troisième, l’ensemble s’imposant comme l’une de nos plus belles surprises de janvier.
De retour sur les blocs Fosi, l’ensemble perd en chaleur mais gagne encore en précision, les tweeters préférant semblerait-il l’impact de la classe D plutôt que la rondeur de la classe A. Un changement de braquet qui sied aussi plus à nos goûts, il faut bien l’avouer, les Kupid perdant certes en extension dans les graves, mais gagnant en naturel au niveau des voix, sans jamais réduire leur incandescence.




Même constat sur les formations symphoniques et sur les productions électroniques modernes, où les Kupid parviennent à conserver une cohérence remarquable, même à pleine charge. Démonstratives sans être trop colorées, elles ne cherchent pas à impressionner par des basses artificiellement gonflées ou un aigu trop surligné. Tout semble ici pensé pour servir la musique : une assise suffisante pour donner du corps aux morceaux, une aération constante et une image stéréo étonnamment large pour des enceintes de ce gabarit, créant une voix centrale apparente d’excellente facture.
Certes, les amateurs d’infra-graves sauront naturellement se tourner vers des solutions plus ambitieuses, mais dans un bureau ou une pièce de moins de 20 m2, associées à un petit caisson de grave, les Dali Kupid se révèleront plus que suffisantes. Une très belle surprise !
Conclusion
Superbes sur la forme comme sur le fond, les Dali Kupid s’imposent comme l’une des plus belles réussites de la marque ces dernières années. Enceintes bibliothèques au look affirmé, elles offrent des performances sonores de premier ordre lorsqu’elles sont bien alimentées, dans un châssis ultra compact, moderne et particulièrement simple à intégrer. Cerise sur le gâteau : leur tarif aussi contenu que leur gabarit, à 339 € la paire, qui en font un point d’entrée idéal pour les néophytes comme une alternative sérieuse aux audiophiles en quête d’un système de bureau compact. Une excellente surprise et, de notre côté, « On Garde » !
Origine : Danemark
Prix : 339 €
Dimensions : 245 x 150 x 198 mm
Poids : 2,9 kg (l’unité)
Réponse en fréquence : 63 Hz – 20 kHz (+/-3 dB)
Sensibilité : 83 dB
Impédance : 4 Ω
Pression acoustique (SPL) : 103 dB











