Mises au point pendant plus de trois ans par Jacek Grodecki, les petites Closer Acoustics Ogy se démarquent des plus grosses enceintes de la marque polonaise, tout en gardant la spécificité d’un haut-parleur large bande en provenance des ateliers français de Catherine Fertin. D’un rendu sonore très identitaire, les Ogy se montrent de forts charmantes compagnes sur les musiques naturelles et plus particulièrement les musiques intimistes.
Premières d’une gamme de cinq enceintes dont toutes les autres sont de grandes et lourdes colonnes, les dernières-nées de Closer Acoutics, mignonnement prénommées Ogy, se démarquent par leur compacité. Leur caisse se mesure à 30,6 cm de longueur pour une hauteur confortable de 31,2 cm, et une largeur de seulement 13,2 cm, apte à les rendre extrêmement discrètes.
Fabriquée dans un caisson en contreplaqué de bouleau, traité en interne tant sur la matière que par un labyrinthe acoustique longuement réfléchi, la Ogy bénéficie d’un renfort externe en pierre acrylique qui, afin de la rendre très ferme contre les vibrations, lui impose un poids conséquent de 8,6 kg par unité.
Autre particularité, elle ose utiliser une technique à notre avis trop dénigrée : celle du haut-parleur unique large bande, dont le principal avantage est d’éviter le mélange de plusieurs haut-parleurs et tweeters pour gérer les différentes fréquences, et donc d’oublier le filtre de coupure et autres circuits dérivés. Encore mieux : ce haut-parleur n’est autre que l’un de ceux d’une technologie longtemps développée par Michel Fertin et aujourd’hui encore améliorée par sa fille, Catherine Fertin :
le petit LB5 de 10 cm de diamètre, sensible de 50 Hz à 18 kHz et emmené par le labyrinthe jusqu’à des réponses encore plus basses. À l’arrière, deux borniers qualitatifs permettent d’attaquer directement le haut-parleur, soit par fourches, soit par bananes, tandis que l’enceinte pour le moment seulement commandable sur le site Internet du fabricant (traduit en français) existe en trois finitions : naturelle (1 490 € HT), blanche (1 753 € HT) et noire (2 013 € HT).
Pour notre test, le modèle noir nous a été prêté et s’est montré particulièrement classieux, la différence de prix s’expliquant d’après le créateur par le temps passé pour obtenir une laque si éclatante grâce aux nombreuses couches appliquées, pour un résultat sonore estimé meilleur que celui des deux autres versions.

L’installation du Closer Acoustics Ogy
Si l’on choisit d’acquérir les Ogy, l’idéal est aussi de les accoupler à l’un de leurs deux pieds dédiés, d’un socle pensé pour leur petite largeur et d’une hauteur au choix de 65 cm (référence ER650 ; 249 € HT) et de forme ronde, ou de 70 cm (KT700 ; 279 € HT) et de forme carrée. Sinon, il suffit de poser les enceintes en leur milieu sur des pieds plus conventionnels.
Pour nos essais, nous avons pu privilégier les Solidsteel SS-7 également testés dans ce numéro, tandis que les petites Polonaises se sont montrées particulièrement réceptives aux meilleures sources et aux meilleurs câbles, notre HP Esprit Eterna les ayant emmenées plus loin que le Bêta de la même marque.
Côté amplification, la classe A se marie particulièrement bien, même s’il est précisé que ces enceintes sont particulièrement faites pour s’accorder à des amplificateurs à tubes, ce que nous avons pu vérifier avec le Kora TB140 ainsi que, pour jouer, avec les gros 300B du Jadis I300 également à l’essai dans ce numéro. Enfin, nous avons régulièrement enlevé le cache laqué de la face avant fermement maintenu par quatre aimants, pour laisser apparaître en façade le bois naturel, avec pour résultat de perdre légèrement en netteté, mais d’ouvrir encore plus la sonorité et de limiter les effets de caisse.
Le son du Closer Acoustics Ogy
L’écoute d’un haut-parleur large-bande peut d’abord sembler surprenante, mais c’est un son que nous aimons chez VUmètre, à l’image de celui de nos Zu Soul, sélectionnées pour rester dans nos studios de tests dès leur première audition. De la même manière, la petite Ogy offre un rendu spécifique, placé vers le haut du spectre et qui peut sembler détimbrer une partie du grave voire du médium, les basses étant de toute façon peu mise en valeur par le fait de ne disposer que d’un haut-parleur limité à dix centimètres de diamètre.
Pour autant, ces enceintes n’en possèdent pas moins un véritable charme, en plus d’ouvrir à un son d’une largeur très étonnante en regard de celui de la caisse.
Le labyrinthe acoustique très bien pensé n’est pas sans rappeler celui des Boenicke, et il offre la même tenue à la petite Polonaise, dont le rendu manque certes de corps dans le bas du spectre, mais sans jamais saturer ni encore moins se montrer brouillon, sur ce point au contraire largement aidé par le magnifique large-bande français Fertin.
Très net, cet élément bénéficie de la rigidité du caisson pour rendre une sonorité souple et superbement détaillée, d’une précision rare dans cette gamme de prix. Ces impressions ressortent tout particulièrement des trompettes ou saxophones des jazzmans, comme des voix naturelles des chanteuses et chanteurs de soul ou de lieder. Car c’est bien sur ce type de musiques, naturelles, que la Ogy se démarque !
Alors, elle offre tout son potentiel, surtout lorsqu’elle est associée à une source analogique et à un amplificateur en classe A ou à tubes et libérée de sa plaque en façade, avec pour résultante de laisser se développer un grain tout particulier, d’une subtile élégance par sa simplicité à faire entendre le moindre détail en même temps qu’à ouvrir l’espace d’une pièce modeste.
Pouvant se faire d’assez près, l’écoute se montre idéale quand les enceintes peuvent respirer en largeur, non seulement par rapport aux murs latéraux, mais aussi entre elles. Pour cela, il ne faut pas hésiter à les écarter de plus de deux mètres l’une de l’autre, à une hauteur d’au moins soixante-cinq centimètres, première taille de leurs pieds dédiés.

Notre Conclusion
Conceptualisées pendant plusieurs années pour offrir un ensemble calibré au haut-parleur LB5 de Catherine Fertin, les Ogy de Closer Acoustics présentent un charme tout particulier avec les instruments et voix naturelles. Plus en difficulté avec une symphonie à grand effectif orchestral ou sur des musiques à fortes basses numériques, ces polonaises ravissent à un volume sonore mesuré sur de nombreux albums, du Frank d’Amy Winehouse au Pastel Blues de Nina Simone, en passant par de nombreuses petites formations classiques ou de jazz.
Discrètes, elles sauront vous accompagner dans une écoute de chambre ou de salon pour tous les instants d’hiver au coin du feu. Pour le moment non distribuées en France, les Ogy ne sont commandables que sur le site du fabricant, et si le plaisir rendu donne très envie de les posséder, il ne faut juste pas oublier qu’elles sont dédiées à un répertoire restreint ou tout simplement en tant que deuxième paire d’enceintes. Cela nous empêche donc de leur décerner le label Essentiel, bien qu’elles restent pour nous un réel coup de cœur !
Auteurs : Vincent Guillemin
Fiche technique : CLOSER ACOUSTICS OGY
- Origine : Pologne
- Prix : de 1 788 € (bois) à 2 415 € (laqué noir)
- Dimensions : 312 x 306 x 132 mm
- Poids : 8.6 kg
- Sensibilité : 9 dB
- Impédance : 8 ou 16 ohms
- Réponse en fréquence : 40 Hz-18 kHz
Paru dans VUMETRE N°45
VUMETRE N°45
Janvier – février 2023 Version papier : 10 € (frais de port inclus) / Version digitale : 7 € Outre le plaisir de découvrir les nouveautés liées à votre passion et l’activité de l’industrie audio, nous vous proposons deux formats :












