Artiste : Barbara Hannigan, David Chalmin
Album : Electric Fields
Label : Alpha Classics
Lien : https://www.barbarahannigan.com/
Style : Classique
Barbara Hannigan s’allie aux pianistes Katia et Marielle Labèque et au producteur et musicien David Chalmin pour proposer Electric Fields, album à la frontière de la musique classique contemporaine.
En musique comme dans bien d’autres domaines, la concrétisation d’une idée, d’un projet, est affaires de rencontres et d’associations. Ici la soprano et cheffe d’orchestre canadienne Barbara Hannigan, déjà souvent partenaire de John Zorn, montre une certaine appétence pour sortir des ornières du répertoire classique contemporain. Pour la servir, les sœurs Katia et Marielle Labèque, pianistes françaises ne sont pas non plus avares en aventures musicales, de même que David Chalmin, retrouvé aussi facilement derrière un instrument qu’une console.
Porté par la voix de Barbara Hannigan, cet album montre la facilité de la chanteuse à maîtriser les partitions complexes. Elle nous transporte alors vers les chants de l’extase composés par Hildegard Von Bingen, aussi bien que des œuvres d’avant-garde à l’instar des exercices vocaux de Luciano Berio ou le contemporain Bryce Dessner. Les textures, amenées par les synthétiseurs distillés par David Chalmin, savent en général se faire discrètes pour amener l’ensemble aux portes de l’ambient. Il pourra cependant arriver que l’électronique prenne plus le pas sur l’équilibre qui tient la plupart des parties, au détriment de l’unité à quelques moments.
Se contenter d’une voix et de deux pianos n’empêche nullement de prendre possession d’un vaste espace d’écoute et de faire preuve d’une grande présence, comme semble nous le démontrer ce disque. La voix est libre, sans entrave, on apprécie autant la technique de l’artiste que celle de la prise de son. Le synthétiseur rajoute une dimension supplémentaire, qui évoque par exemple À l’Écoute des Vents Solaires de David Hykes. Les résonances et le touché du piano sont à l’image de la voix, sans entraves, et ils contribuent à nous happer dans un monde cristallin et brillant, plein d’éclats. Comme un disque de pop, Electric Fields alterne des morceaux énergiques et saisissants avec d’autres plus apaisants, à l’image des pièces baroques retouchées de von Bingen qui ouvrent et referment l’album.











