Artiste : Anna Von Hausswolff
Album : Iconoclasts
Label : Year0001
Lien : https://annavonhausswolff.se/
Style : Alternatif & Indé
L’artiste suédoise Anna Von Hausswolff est élevée dans un milieu artistique par son père, lui-même dans la musique, ou plus exactement dans l’expérimentation sonore autour de l’électricité, la fréquence et le ton. La jeune pianiste et organiste se lance dans des études d’architecture avant de se consacrer entièrement à la musique, où ses performances scéniques en premières parties de Lykke Li ou des Tindersticks sont remarquées. Elle sort un premier single en 2010 pour annoncer son premier album Singing From The Grave. Après s’être affichée avec un T-Shirt de Burzum, elle doit préciser qu’elle ne partage pas ses idées politique, mais sera taxée ensuite de sataniste pour avoir utilisé le mot Devil dans les paroles d’une chanson, ce qui conduira à l’annulation de deux de ses concerts prévus dans des églises de France.
Iconoclaste est vraiment l’adjectif qui définit parfaitement la musique d’Anna Von Hausswolff. Au sein de ses compositions se trouve un ensemble de cordes, un saxophone, une clarinette, des guitares, des percussions, un synthétiseur et un orgue d’église. C’est l’utilisation de cet instrument dans un environnement pop qui caractérise les enregistrements de sa discographie, même si dans ce nouvel album Iconoclasts, il peut être confondu avec un synthétiseur lors d’une écoute distraite. L’artiste nous propose des titres denses, parfois sombres entre ambient et drones sonores, parfois plus rythmés et enjoués à l’instar du single « Stardust ». Tous sont de parfaits écrins pour sa voix claire et ferme.
Bien que de nombreux instruments acoustiques soit utilisés pour la réalisation de ce disque, les timbres ne sont pas mis en valeur comme dans les enregistrements de musique classique ou de jazz. Avec Iconoclats, on est plus proche des textures et d’une exploitation de la scène sonore qui rappellent les musiques électroniques. Cela dit, lors d’interventions plus isolées de l’ensemble, les instruments, saxophone en tête, gardent une belle expressivité. La voix, qui par un léger travail de studio peut parfois s’étaler en largeur, semble planer au-dessus de l’entrelacement des instruments, toujours parfaitement lisible pour nous inviter dans un monde à peine gothique.


