Sophie Jamieson - I Still Want To Share

SOPHIE JAMIESON – I STILL WANT TO SHARE

Artiste : Sophie Jamieson
Album : I Still Want To Share
Label : Bella Union
Lien : sophiejamieson.com
Style : Pop, Pop/Rock

La londonienne Sophie Jamieson commence à jouer en concert lorsqu’elle fait ses études à Cambridge et intègre ainsi le circuit des scènes universitaires. Son premier EP est publié en 2013 et il faudra attendre presque dix années pour voir enfin la publication de son premier album, Choosing, dans lequel elle aborde sans fard ses fragilités et la part d’autodestruction qui peut se faire jour chez l’être humain. Ses prestations scéniques, lors desquelles ses interprétations semblent nous rapprocher de son intimité, serviront aussi sa réputation d’artiste à fleur de peau.

Plusieurs années séparent cet album du premier, les démons de l’alcoolisme et de la dépression ne sont plus abordés dans les textes. Les thèmes des chansons tournent autour des relations amoureuses et du lien à l’autre qui peut lui aussi prendre la forme d’une dépendance. La voix, qui parvient à nous faire partager les émotions de l’autrice, s’accompagne d’une guitare, d’une basse, d’un omnichord, d’un hamonium et surtout d’arrangements de cordes chargés de lyrisme. L’écoute se fait vectrice d’une grande mélancolie qui s’accompagne presque paradoxalement d’une intense beauté, on pourrait dire une beauté pénétrante.

Dès le premier morceau de ce disque nous sommes happés dans le monde de Sophie Jamieson. Sa voix, tout en douceur, proche de la fragilité sans y être vraiment, est légèrement mise en avant et bien qu’elle pourrait suffire à notre satisfaction, viennent s’égrainer des notes de guitare que l’on sent aussi proche, des éclats de la batterie dans la même intention de subtilité et surtout les cordes qui ajoutent une ampleur pleine d’attraction. Les titres commencent souvent dans un certain dépouillement pour évoluer vers un souffle auquel il est difficile de résister. On pense parfois au premier album solo de Beth Gibbons qui aurait laissé plus de place à l’acoustique.