Artiste : Robert Stillman
Album : 10,000 Rivers
Label : Kit Records
Lien : https://robertstillman.com/
Style : Pop, Alternatif
Au regard de l’activité de Robert Stillman, il est difficile de parler de discrétion. Et pourtant, force est de constater qu’il n’a pas tout à fait rencontré la reconnaissance publique que son parcours mérite. Le compositeur multi-instrumentiste est à la tête d’une discographie d’une douzaine de longs formats régulièrement salués par la presse spécialisée, bien qu’il reste paradoxalement plus connu pour ses participations au sein des formations The Smile de Thom Yorke ou The Sons of Kemet de Tom Skinner. Il a entre autres aussi collaboré avec Grizzly Bear ou Yo La Tengo. 10,000 Rivers, son dernier album, s’intéresse au personnage de Steve Jobs et la place des technologies dans notre rapport à la réalité.
Biberonné au Spiritual Jazz voire au Free Jazz, l’américain exilé au Royaume-Uni se tient à la fois proche de ces musiques dans une forme qui semble naître de l’improvisation et s’en éloigner par un rendu qui se tourne vers une alternative modernité. Par ailleurs, il n’hésite pas à plonger dans des attributs que l’on rattache plus souvent à l’électronique, notamment lors de son croisement avec l’Ambient. Sans que l’on puisse y trouver un lien direct, 10,000 Rivers nous transporte vers l’École de Canterbury en nous rappelant plus précisément encore les productions solo de Robert Wyatt, chez qui les fondements jazz sont tout aussi importants.
Sonorités planantes, ambiances éthérées propice à la méditation ou à la rêverie. Les sons semblent irréels, ils viennent d’un monde décharné et flottent devant nous, formant des nappes complexes et légères. La voix et le saxophone sont des petites touches qui viennent colorer le riche entremêlement rythmique doucereusement tissé. Ces temps de pauses en mouvement laissent place à une impression de légère déstructuration, qui peut apparaître dans l’évolution d’un titre comme sur l’ensemble d’un morceau, à l’instar de l’enregistrement en direct de « If You Knew Him Like I Know Him ». Sans aucunes brusqueries, Robert Stillman nous plonge dans ses réflexions sur le monde moderne.










