Créé comme un symbole commémoratif pour le 50e anniversaire de la marque, le NAIM NAIT 50 est produit en édition limitée à 1 973 exemplaires, date de création de la marque par Julian Vereker. Il n’en fallait pas plus pour aiguiser notre curiosité, en tant que fans historiques du constructeur britannique !
Créée en 1969 à Salisbury par le jeune Julian Vereker, l’entreprise Naim Audio Visual s’est rapidement distinguée par la qualité de ses amplificateurs. Le premier modèle commercialisé par la marque fut le NAP160, en 1971. Le NAP250 lancé en 1975 devint un classique.
Son circuit d’amplification a été décliné dans tous les amplificateurs Naim qui ont suivi jusqu’au lancement du NAP500 en 2000. Le premier amplificateur intégré de la marque, le NAIT, apparaît en 1983. NAIT est l’acronyme de Naim Audio InTegrated.
Présenté en 2023 au High End de Munich, le NAIM NAIT 50 est une « réédition » du NAIT de 1983. Les experts de la R&D de Salisbury ont soigneusement recréé ce produit emblématique avec le légendaire design de la tranche frontale chromée Naim.

La face avant est quasiment identique, seule la commande de balance originelle a été remplacée par une sortie casque au format jack. C’est une initiative que l’on ne peut que saluer, le réglage de balance n’étant pas absolument indispensable sur ce type d’appareil. Le circuit casque, totalement indépendant du reste de l’ampli, procure un gain de 16 dB ; il a été emprunté à la banque d’organes Naim.
Hormis la sérigraphie, la face arrière est elle aussi conforme à l’original. Seule concession faite en respect de la norme CE, le cordon secteur est désormais détachable, ce qui explique la présence de l’embase IEC.
Le démontage est toujours aussi facile : il suffit de démonter les quatre pieds, plus une grosse vis BTR qui solidarise le sous-châssis avec le coffret extérieur. Ensuite, il n’y a plus qu’à faire pivoter le premier à l’extérieur du second ! Une observation attentive nous apprend que le NAIM NAIT 50 est différent à l’intérieur et beaucoup plus en rapport avec les standards actuels de l’électronique.
Néanmoins, la structure de base présente un certain nombre de similitudes. Ainsi, la taille du transformateur torique d’alimentation et des deux condensateurs principaux est quasiment identique. Le schéma est celui d’un amplificateur en classe AB. Même si les premiers Naim étaient d’authentiques classe B. La puissance passe de 15 à 25 W.
L’étage de puissance proprement dit est assez proche. En revanche, la partie préamplification évolue significativement, notamment au niveau des étages d’entrée et de la sélection des sources. Cette commande a été considérablement améliorée par rapport au NAIT 1 grâce à des relais de précision notamment. Idem pour le nouvel étage phono MM monté en composants discrets.
Dans le même ordre d’idée, le constructeur britannique a opté pour la combinaison de deux alimentations internes. La première totalement dédiée aux étages audio adopte le gros torique et les deux condensateurs principaux. La seconde est une alimentation à découpage de type SMPSU très efficace pour une consommation de 0,5 W en mode veille. Naim propose une séquence d’allumage en douceur, pour minimiser le courant d’appel de la mise sous tension et un arrêt automatique après 17 minutes qui peut être désactivé.
Ces petites fonctionnalités additionnelles expliquent la présence d’un ampli-op bien évidemment, absent de la version 1. À la rubrique nouveautés bienvenues, nous avons adoré la LED blanche bombée de 5 mm.
Côte à côte, les deux châssis nous enseignent que la densité du NAIM NAIT 50 est supérieure à celle du 1, malgré l’emploi de nombreux CMS. Mais la surface disponible n’étant pas extensible, nous imaginons fort bien que les ingénieurs du bureau d’études ont dû plancher longuement pour parvenir à ce routage efficace du signal. On note avec plaisir que les deux gros condensateurs de filtrage ont été un peu plus éloignés du fragile étage phono que dans la v1.
Finalement, tout cela représente une addition de 3 000 € qui n’a rien de choquant étant donnée la fabrication haut de gamme au Royaume-Uni.

L’installation du NAIM NAIT 50
Sur le papier, cet ampli ne développe que 25 W pour une charge de 8 ohms, valeur qui passe à 40 W pour 4 ohms. Selon les critères actuels où n’importe quel ampli en classe D débute à 100 W, c’est peu. Mais méfions-nous des chiffres, car la puissance subjective du NAIM NAIT 50 est beaucoup plus importante.
Ainsi, nous avons pu le connecter à un grand nombre d’enceintes acoustiques, sans noter de difficultés majeures, même dans une grande pièce. Nous avons obtenu un très beau mariage avec les Totem Bison Twin Tower entre autres. Donc aucun risque concernant le couplage.
Deuxième remarque : la connectique. Pour ce qui est de la connexion des enceintes acoustiques, seules les fiches bananes sont autorisées. Pour nous, ce n’est pas un problème, d’autant que les embases sont de qualité. Moins simple pour la modulation une fois que l’on a réglé le problème du phono en RCA. Car là, point de salut en dehors de la DIN. Mais il vous suffit de faire votre marché dans le catalogue du constructeur britannique Chord Co et tout ira bien.
Le son du NAIM NAIT 50
Dire qu’on l’attendait au tournant relève de la litote la plus élémentaire : ce NAIM NAIT 50 a été scruté avec une attention particulièrement soutenue dès sa sortie. Car succéder à une icône n’est pas tâche aisée. Autant entrer immédiatement dans le vif du sujet : si vous attendiez un remplaçant du NAIT original, passez votre chemin.
Le NAIM NAIT 50 vit clairement dans son époque, et finalement c’est tant mieux. Il ne cherche nullement à faire la même chose que son prestigieux prédécesseur. Il sonne comme un Naim d’aujourd’hui. Il est plus clair, plus transparent, plus précis et peut s’exprimer plus fort. Il est moins « médium », moins « chaleureux », plus tranchant dans le bon sens du terme.
C’est une machine contemporaine, efficace et pragmatique. La largeur du spectre sonore reproduit est plus importante, notamment avec un grave plus tendu et très bien structuré. Le registre aigu gagne également en variété et en finesse, tout en conservant une très belle persistance tonale.
Ce qui n’a pas changé, en revanche, c’est le magnifique comportement dynamique, toujours aussi persuasif pour une aussi petite boîte. Comme son aîné, le NAIM NAIT 50 alimente à peu près n’importe quelle enceinte de taille classique avec facilité, un très bon sens du « drive » et du swing. Le suivi rythmique est toujours aussi réussi, apte à conférer à tout type de musique une énergie et une spontanéité que le constructeur britannique sait mettre en exergue depuis 50 ans aujourd’hui.
La musique enregistrée est vivante, entraînante, reproduite avec une joie de vivre toujours aussi spéciale. On note en revanche une nette amélioration de la scène, sonore qui est beaucoup plus profonde et bien mieux étagée qu’il y a 40 ans. Il faut dire que ce n’était pas le fort du NAIT 1. Petite mention spéciale pour l’entrée phono MM qui nous a apporté beaucoup de plaisir.
Avec notre cellule Nagaoka MP 150, le couplage était vraiment excellent. Quasiment aucun bruit de fond et une dynamique remarquable.

Notre conclusion
Nous sommes très heureux d’avoir pu tester longuement cet appareil, dont la sortie nous avait enthousiasmés. Deux conclusions s’imposent. Le constructeur britannique a eu du nez de tenter une déclinaison moderne d’un appareil dont la cote de popularité ne s’est jamais démentie.
Que le bon génie qui a opéré en coulisses en soit remercié. C’était un risque, mais le plus grand risque était de refaire exactement la même chose, et cela, la R&D de Naim a su l’éviter astucieusement. Le NAIM NAIT 50 conserve les lignes inimitables de la version originale en améliorant substantiellement les circuits pour proposer une déclinaison moderne, sans trahir le concept originel de l’appareil.
En ce qui nous concerne, le son est réussi, même s’il ne plaira pas à tout le monde et vraisemblablement aux propriétaires de NAIT 1. Mais ce n’est pas grave, car l’essentiel, outre le fait que cet appareil est réussi, c’est aussi que par son existence, il entretient la flamme d’une des marques les plus anticonformistes et créatives du marché depuis maintenant 50 ans. Et cela, c’est véritablement important !
Auteurs : Laurent Thorin
Fiche technique : NAIM NAIT 50
- Origine : Grande-Bretagne
- Prix : 2 990 €
- Dimensions : 207 x 87 x 321 mm
- Poids : 4,5 kg
- Puissance de sortie
- 25 W 8 Ω @0,1 % THD+N
- 40 W 4 Ω @0,1 % THD+N
- 60 W 2 Ω @1 % THD+N
- Puissance de sortie du casque : 1,5 W 16 Ω
- Gain
- Phono : +40 dB (@1 kHz RIAA)
- Pré-amplification (et casque) : +16 dB
- Amplificateur de puissance : +29 dB
- Entrées : 1 x paire RCA (47 kΩ), niveau phono MM 5 mV2 x DIN cinq broches (stéréo, 47 kΩ), niveau ligne MM Phono 47 kΩ et 100 pF
- Réponse en fréquence
- Ligne : -3dB @4 Hz à 45 kHz
- Phono : -3 dB @6 Hz à 30 kHz
- THD+N à 2/3 de la pleine puissance : 8 Ω @1 kHz 0,015 %.
- Diaphonie
- Ligne : 85 dB, (à 1 kHz, 25 W 8 Ω)
Paru dans VUMETRE N°53
VUMETRE N°53
Mai– juin 2024 Outre le plaisir de découvrir les nouveautés liées à votre passion et l’activité de l’industrie audio, nous vous proposons plusieurs formats :











