FRIEDRICH CERHA – CONCERTO POUR PERCUSSIONS, IMPULSE

Artiste : Friedrich Cerha
Album : Concerto pour percussion – Impulse
Label : Kairòs
Lien : https://en.friedrich-cerha.com/
Style : Classique contemporain

Impossible de revenir de manière exhaustive dans ces quelques lignes sur le parcours du compositeur autrichien décédé en 2023. En résumé, Friedrich Cerha commence l’apprentissage du violon à l’âge de sept ans et s’essaye à la composition dès neuf ans. Il fait ses études à l’Académie de musique de Vienne puis à l’Université de Vienne. En plus de son activité de compositeur, il s’est fait remarquer par ses activités d’instrumentiste, d’enseignant et de promoteur de la musique contemporaine, notamment en fondant avec Kurt Schwertsik l’ensemble Die Reihe. Célèbre aussi pour avoir achevé Lulu d’Alban Berg, recréé en version intégrale à l’Opéra de Paris par Pierre Boulez (qui donnera lieu au célèbre enregistrement DG), l’artiste a écrit lui-même un corpus de 250 œuvres allant de l’opéra à des partitions pour soliste.

La composition du Concerto pour percussions et orchestre qui occupe la première partie du disque Kairòs a été initiée à la demande du percussionniste Martin Grubinger. À son écoute, on pourrait dire qu’il est une démonstration de virtuosité, dans la composition comme dans l’exécution. En trois mouvements où cordes et percussions s’affrontent, il procure une lutte tellurique qui s’apaise un instant avant de retourner au fracas. Impulse lui est antérieure et est une commande de l’Orchestre Philharmonique de Vienne. Elle aussi fait preuve de contrastes et d’oppositions, alternant envolées et accalmies aux découpages complexes.

La première pièce a été enregistrée en 2011 au Wiener Konzerthaus avec Peter Eötvös à la direction. La deuxième, dirigée par Pierre Boulez, a été exécutée dans le Palais des Festivals de Salzbourg. La prise de son est claire et précise, elle sait rendre les timbres dans toute leur organicité et leur dynamique. Dans le concerto, la captation des percussions permet une écoute vive et toujours prenante. Les cordes se font tour à tour souples et tendues, l’espace se matérialisant plus distinctement lorsque la masse orchestrale s’affirme. Dans Impulse, la technique des instrumentistes est encore palpable par la prise de son, mais reste avant tout au service d’une vision d’ensemble.

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