CLIPSE – LET GOD SORT EM OUT

Artiste : Clipse
Album : Let God Sort Em Out
Label : Roc Nation Distribution
Lien : letgodsortemout.com
Style : Rap, Hip-Hop

Fondé par les frères Gene et Terrence Thornton, surnommés Malice et Pusha T, le groupe Clipse, malgré son potentiel commercial, joue de malchance avec ses différents labels. Dès le début des années 90, au commencement de leur carrière, ils sont proches de The Neptunes et en particulier de Pharrell Williams. Leur premier single rencontre un certain succès, mais Elektra met fin au contrat qui les lie, sans sortir leur premier album, pourtant prometteur. L’album Lord Willin’ connaît un meilleur destin, malheureusement la fusion entre Sony et BMG retarde la sortie du disque suivant et enraye la dynamique, poussant la formation à annoncer son retrait en 2014.

Finalement leur 4ème album commercialisé, Let God Sort Em Out est une belle surprise pour ceux qui étaient restés sur la séparation des deux frères. Vraiment dans l’esprit des productions de Pharell Williams ou de Justin Timberlake, avec qui ils ont collaboré, ils mélangent les attributs du Rap avec une approche Pop qui donne des titres très abordables, sans aller jusqu’à être racoleurs. Flow et samples côtoient chœurs séducteurs et mélodies que l’on a envie de fredonner. La rythmique heurtée est souvent affiliée au Hip-Hop, mais elle peut aller jusqu’à être pleine d’un groove fluide, presque Funk.

Faisant appel à une équipe très élargie pour la réalisation de l’album, dont Pharrell Williams, présent sur tous les titres, les Clipse réussissent avec Let God Sort Em Out un album à la propreté exemplaire. Malgré les nombreux empilements de couches sonores, rien n’est laissé au hasard et aucune sensation d’approximation n’en ressort. Les chœurs classiques comme les cordes maintenus dans l’arrière-plan par rapport aux voix des rappeurs et à la rythmique permettent, par ces positionnements, de choisir son volume d’écoute adéquate, selon que l’on ait envie de se concentrer précisément sur les pistes, ou de se laisser porter plus facilement par le flux. Par la même occasion, on pourra apprécier et décortiquer plus certains titres grâce à des plans sonores clairement étagés, comme sur le trés harmonique « The Birds Don’t Sing » ou le plus heurté « Ace Trumpets », porté dans cet exercice par la qualité made in US de la production.