BERTRAND BELIN – WATT

Artiste : Bertrand Belin
Album : Watt
Label : Wagram Music – Cinq 7
Lien : https://bertrandbelin.com/
Style : Chanson Française

Natif de Bretagne, Bertrand Belin commence concrètement son aventure musicale à dix-neuf ans en intégrant le groupe Stompin’ Crawfish, spécialisé en zydeco et musique d’Acadie. Il participe plusieurs années aux tournées et à l’enregistrement de deux des albums de l’ensemble. Ensuite, il acquiert une expérience similaire avec les Anglais de Sons Of The Desert avant d’enfin se lancer en solo avec un premier disque en 2005. Mais c’est depuis son troisième album Hypernuit, sortit en 2010, que la critique le met réellement en avant. Quinze ans plus tard, il sort son huitième album studio, après avoir collaboré entre-temps avec un large spectre d’artistes, de Vanessa Paradis à The Limiñanas.

Souvent comparé à Alain Bashung en raison de sa voix et de sa diction relativement proche, Bertrand Belin fait aussi penser à l’écoute de ce nouvel album à Rodolphe Burger, avec qui il a également collaboré. Sa poésie quelque peu sibylline s’accompagne d’une douce électro, presque enveloppante, qui cherche plus à colorer le déroulé des titres qu’à les rythmer. En ressortent des ambiances pleines de pénombre, empreintes de mélancolie, mais au travers desquelles transparaît une vie intense et belle. Assurément, le chanteur français ne cherche la démonstration d’aucune sorte ; au contraire, ses sentiments se dévoilent tout en retenue.

Les arrangements, souvent d’une grande sobriété, sont principalement le fruit des synthétiseurs, bien qu’il puisse faire intervenir sur quelques morceaux piano ou cordes, à l’instar de « Rembobine ». Un titre comme « Watt » peut faire preuve de plus de richesses, mais le son reste traînant, sans jamais trop s’écarter de la bande médium. La scène sonore, elle aussi, garde une rigoureuse stabilité qui évite tout débordement. Cela dit, la voix comme ses accompagnements, sans rien bousculer, prennent les atours d’un quotidien presque familier, comme si cet album pouvait déjà être rangé à côté des classiques de la chanson française.