Artiste : Henry Threadgill, Vijay Iyer, Dafnis Prieto
Album : Fifteen
Label : Nonesuch
Lien : https://www.henrythreadgill.com/
Style : Jazz
Le multi-instrumentiste Henry Threadgill, spécialisé dans la pratique des instruments à vent, débute sa carrière musicale dans les années 60. Dans les années 70, il fait partie des premiers membres de l’Association for the Advancement of Creative Musicians (A.A.C.M.) et se place à l’avant-garde en embrassant le mouvement Free-Jazz. Né à New-York de parents d’origine indienne, le pianiste Vijay Iyer doit son choix de carrière dans la musique à son engagement par Steve Coleman pour l’accompagner en tournée. Quant au batteur cubain Dafnis Prieto, il a suivi une formation académique dans son pays natal avant de rejoindre New-York, où il s’illustre sur la scène Jazz.
Les trois compères se connaissent bien et ont joué ensemble à plusieurs reprises. Cependant, c’est la première fois qu’ils enregistrent un disque ensemble. Pour l’occasion, ils se partagent des compositions qui ne renient pas totalement le Free Jazz, mais se placent dans une approche plus contemporaine, l’improvisation titillant les extravagances formelles passées dans « Fire City ». Les titres les plus foisonnants présentent une complexité rythmique soulignée par le piano, ceci n’empêchant en aucun cas une pointe de lyrisme, comme sait l’énoncer le saxophone de Henry Threadgill dans le morceau « I Wanted A Map ».
L’avantage du trio dans ce style de musique est d’éviter des textures trop denses et entremêlées, qui peuvent s’approcher de la cacophonie dans certaines formations trop polyphoniques. La lisibilité de Fifteen est marquée par une grande facilité à suivre une mélodie ou une phrase rythmique, aussi déconstruite soit-elle. Dans la même intention, le toucher du pianiste et la frappe du batteur favorisent une rapidité dans l’établissement des notes, faisant preuve d’une dynamique qui se préserve de l’agressivité, notamment dans la prise de son. Même si les timbres ne sont pas laissés pour compte, les instruments à vent font preuve d’une mise en avant bien aidée par le découpage de la musique et la position légèrement dominante de Henry Threadgill.







