ALLISON LOGGINS-HULL – PATCHWORK

Artiste : Allison Loggins-Hull
Album : Patchwork
Label : AVIE Records
Lien : https://allisonloggins.com/
Style : Musique Classique

Fille d’un musicien amateur, Allison Loggins-Hull acquière au sein de sa famille une grande culture des musiques afro-américaines et afro-caribéennes, avant de suivre un cursus académique en musique classique. Diplômée de l’université de New-York, elle officie aujourd’hui comme compositrice, flûtiste et productrice et a enseigné à la Juilliard School ainsi qu’à la Montclair State University. Elle fonde avec Nathalie Joachim le duo Flutronix qui explore l’alliage de nombreux styles, compose pour le quatuor Ethel comme pour des musiques de films. Ses œuvres sont jouées par les orchestres de Seattle, Boston ou tout récemment par le Cleveland Orchestra sous la direction de Franz Welser-Möst.

Fruits de ses dernières collaborations, notamment avec des membres du Cleveland Orchestra, les pièces de Patchwork voient Allison à la flûte et à la direction. Et si cette musique américaine est bien ce que l’on peut désigner comme « contemporaine », une certaine souplesse dans les structures et les enchaînements les tient loin de l’hermétisme qui a pu caractériser des œuvres atonales du siècle dernier. Le dernier titre « Shine » dans lequel intervient la soprano Laquita Mitchell se rapproche plus clairement de l’école américaine post Steve Reich et Philip Glass, qui a su intégrer le minimalisme en s’éloignant de son pur formalisme. Une forme de mélancolie planante se détache aussi de plusieurs compositions, à l’instar de la première pièce, dont cet album tire son titre.

Bien que les compositions soient ancrées dans une forme contemporaine exigeante, les instruments naturels ne sont pas poussés dans des stridences ni dans leurs retranchements. Les textures et les ambiances semblent bien modelées de mains humaines, avec des atmosphères bien mise en avant par la prise de son, comme dans la tension des vents de la deuxième partie de « The Pattern », qui provoque un vrai sentiment d’angoisse. Le haut du spectre sait rester exempt de toute emphase et d’une juste neutralité pour permettre à l’auditeur de démêler le grain de la flûte, du violon et du piano. Les basses fréquences et la dynamique sont également très bien captées, comme lors des interventions des percussions dans la pièce « Can You See ? ».

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