ATOLL IN400 EVOLUTION

Caractérisées par une longue durée de vie, les réalisations du constructeur normand s’épanouissent sur un temps long, permettant au mélomane passionné de profiter de son système sans songer un seul instant à une éventuelle obsolescence. Voilà pourquoi c’est après de longues années de bons et loyaux services que l’IN400se cède aujourd’hui la place à l’IN400 Evolution. 

Si l’organisation globale de la face avant est identique, il n’est point besoin d’être un observateur averti pour comprendre qu’une rupture stylistique s’est imposée sur cette nouvelle mouture. En effet, les angles inclinés ont laissé place à un carénage plus classiquement rectangulaire. Et même si les cotes n’ont pas changé, la sensation est celle d’une ligne légèrement plus basse. Le choix de ce nouveau profil a été dicté notamment par la volonté de proposer un produit plus facilement intégrable au sein de compositions associant différentes marques aux esthétiques variées. Pour autant, le style Atoll est toujours parfaitement identifiable avec les deux magnifiques boutons galbés usinés dans un lingot d’aluminium entourant un écran matriciel OLED à faible consommation et très faible rayonnement électromagnétique, parfaitement lisible de loin. Bonne nouvelle, l’IN400 Evolution propose toujours un rétroéclairage paramétrable des boutons. Désormais il y ajoute la possibilité de mémoriser le réglage de la balance et celle de choisir le mode de veille : basse consommation ou préchauffage.

Le châssis réalisé en acier de 2 mm soutient une épaisse façade en aluminium brossé, microbillé et anodisé. Les dissipateurs latéraux, eux aussi en aluminium massif, jouent un rôle actif dans l’absorption des vibrations mécaniques en plus d’une parfaite dissipation thermique. En face arrière, la connectique est agencée de façon encore plus efficace avec les entrées et sorties analogiques asymétriques commutées par relais au-dessus et deux entrées analogiques symétriques sur XLR en-dessous. Les connecteurs sont directement soudés sur des petits circuits imprimés reliés au circuit principal par des nappes blindées. Sans le recours à une quelconque option, l’appareil peut accueillir sept sources, ce qui est largement suffisant pour couvrir la plupart des besoins. Si d’aventure vous souhaitiez le transformer en un produit plus universel, plusieurs cartes optionnelles peuvent être ajoutées, dont une phono et une numérique comprenant deux entrées optiques, deux entrées coaxiales, un port USB asynchrone (toutes en 24 bits/192 kHz) et une entrée Bluetooth. Et dans ce cas, il vous resterait toujours six entrées haut niveau, ce qui est confortable. On note également que les bornes HP sont toujours les mêmes modèles surdimensionnés.

À l’ouverture, on remarque une belle implantation, à la fois rigoureuse et étonnamment aérée malgré la densité de composants utilisés. La structure du schéma est toujours symétrique, à composants discrets polarisés en classe AB et à très faible contre réaction. Cependant, c’est une nouvelle carte quatre couches à pistes cuivre et traitement de surface nickel/or, à l’implantation totalement revue, qui accueille les circuits. Comme toujours chez Atoll, la sélection de certains nouveaux composants a été validée par de nombreuses écoutes, notamment les condensateurs de liaison Clarity Cap de la série ESA placés dans un boîtier de blindage propriétaire estampillé « Atoll ». Un bel effort mécanique et industriel qui en dit long sur le souci du détail du constructeur.

Les étages d’entrée sont à transistors bipolaires et quatre circuits à LED assurent une parfaite stabilité en courant. C’est un changement subtil, mais notable, car les LEDs garantissent une stabilité en courant quelle que soit la valeur de l’alimentation secteur. Les étages driver à transistors Darlington précèdent des étages de puissances à transistors MosFet. Comme toujours chez Atoll, c’est l’attention au détail qui fait ici toute la différence. Ainsi, les semelles des transistors utilisent un composite kapton/silicone qui optimise la performance thermique. Pour l’anecdote, cette semelle coûte plus cher que le transistor lui-même. On note également la présence d’un câble Absolue Créations pour la phase du secteur, un câblage Hi-Fi Câbles & cie pour les sorties HP, la hauteur tout à fait spécifique du petit transformateur de 1,6 VA pour éviter les rayonnements induits.

L’alimentation audio fait appel à un seul gros transformateur torique de 1 050 VA placé en position centrale, de manière à conserver une impeccable répartition des masses au sein du coffret. Il n’y a qu’un transfo, mais il est doté d’enroulements séparés pour les voies gauche et droite afin de conserver une totale topologie double mono. Quant à la banque de condensateurs, elle atteint un total capacitif de presque 100 000 microfarads !

L’INSTALLATION
Avec ses 20 kg, le nouveau IN400 ne peut être traité à la légère : si vous n’avez pas la chance de disposer d’un Centaure L, choisissez néanmoins un support suffisamment rigide et stable pour qu’il s’y sente à l’aise. Nous ne dirons pas qu’il s’agit de la seule préoccupation à avoir, car le bon respect de la phase secteur est tout aussi important, mais à part cela, l’IN400 Evolution est un amplificateur très facile à vivre. Il s’accommode aisément d’un grand nombre d’enceintes acoustiques, de sources analogiques ou numériques. Idem pour les câbles, que l’on sélectionnera dans le catalogue d’un constructeur éprouvé, mais dont les différentes tonalités pourront s’accorder à vos desiderata et à vos goûts. Comment faire plus simple ? Un petit mot spécifiquement sur les enceintes acoustiques. Lors de ce test, nous avons privilégié deux modèles très différents de T&T et Living Voice. Malgré des équilibres aux antipodes l’un de l’autre, le 400 a su tirer son épingle du jeu à chaque fois !

LE SON
Franchement, nous préférons ne plus compter le nombre d’appareils Atoll que nous avons pu tester depuis le début de notre carrière. Il doit y en avoir plusieurs dizaines. Mais nous n’avons jamais ressenti de lassitude, d’autant plus que le temps passant, la marque est arrivée à une authentique maturité, tout en faisant évoluer sa palette sonore de façon parfois spectaculaire. Et si ce nouveau 400 nous enseigne quelque chose, c’est qu’il s’agit bien d’un amplificateur intégré en pleine maturité et en totale possession de ses moyens. Un produit parfaitement à l’équilibre. Nos premières écoutes l’illustrent parfaitement. Nous commençons un petit tour de table musical et les disques s’enchaînent sans que l’on ne cherche vraiment à activer nos facultés d’analyse. On écoute et tout va très bien. C’est quand l’un de nos rédacteurs rentre dans la pièce que nous prenons conscience que nous ne sommes pas dans un esprit de travail et que nous profitons pleinement de l’instant !Cela relève certainement de l’anecdote, mais c’est aussi très révélateur de l’apport du 400 dans votre vie quotidienne : une réelle présence et un indiscutable bien-être. Sur des paramètres purement techniques, cela se traduit par la reproduction d’un spectre sonore large. Et ce qui nous a le plus étonnés, c’est la variété et la finesse du registre aigu. Atoll nous a habitués à des timbres naturels, à une absence de caractère marqué, mais en la circonstance, ce n’est même plus de douceur qu’il s’agit, mais de délicatesse, voire d’une certaine forme d’onctuosité. Car le 400 version 2024 a indéniablement gagné en densité, en épaisseur. Il est plus « présent », occupe davantage le terrain. On le note également sur le plan de la reproduction spatiale, et surtout dans le sens de la profondeur qui n’est pas le plus aisé à reproduire. L’étagement des plans du plus proche au plus lointain s’établit avec une grande précision, mais surtout une totale absence de confusion. Apparaît alors une sensation antagoniste mais totalement compréhensible d’un très agréable cocktail entre densité et aération. Densité parce que la quantité d’informations reproduite dans le triangle stéréophonique est importante. Aération parce que rien ne vient se superposer de manière indésirable. Tout est bien à sa place, sans que l’on puisse noter la moindre forme de « brouillard » sonore. Cette netteté dans la perspective permet un niveau de luminosité et d’intelligibilité de l’image tout à fait inédit. On note à peu de chose la même impression concernant le comportement dynamique. On sait Atoll extrêmement attaché à ce critère et là encore, nous ne sommes pas déçus. Mais la nouveauté, c’est la notion de puissance sous-jacente qui se fait sentir sans avoir besoin de forcer le trait, surtout dans le bas du spectre qui est bien structuré et descends très bas avec une étonnante précision. Bien sûr, les accélérations sont franches et rapides, mais c’est surtout dans la souplesse de la reproduction de la phrase musicale, dans la fluidité d’exécution des différentes lignes mélodiques, que le 400 se distingue de son prédécesseur.

NOTRE CONCLUSION
Bien sûr, nous aimions profondément L’IN400se, mais il n’est vraiment pas honteux d’être supplanté par une machine aussi réussie que le nouvel IN 400 Evolution. Surtout après 10 années de bons et loyaux services. Si le nouveau venu arbore une robe plus conventionnelle, son potentiel, lui, n’a rien de classique. C’est une machine capable d’alimenter une très grande variété d’enceintes acoustiques avec une musicalité fluide et impliquante qui vous tiendra en alerte des heures durant. Par ailleurs, nous voilà en présence d’un ampli fabriqué à la perfection avec un souci du détail que l’on ne rencontre pas toujours à ce niveau dans cette gamme de prix. Bien sûr, c’est une somme et pas des moindres, mais malgré tout, nous pouvons sans rougir déclarer que le rapport qualité-prix est excellent. Une notion dont on ne parle plus à ce tarif. S’il fallait une exception, la voilà. 

FICHE TECHNIQUE

ORIGINE : France
PRIX : 5 400 €
DIMENSIONS : 440 × 370 × 130 mm
POIDS : 19,5 kg
PUISSANCE : 2 × 160 W/8 Ω – 2 × 300 W/4 Ω
BANDE PASSANTE (-3 dB)  : 5 Hz–100 kHz 
TEMPS DE MONTÉE  : 2 µs 
IMPÉDANCE D’ENTRÉE  : 357 kΩ
SENSIBILITÉ : 450 mV
RAPPORT SIGNAL/BRUIT : 100 dB
TAUX DE DISTORSION À 1 kHz : 0,05 %

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