Créée en 2016, B.Audio est toujours dirigé de Saint-Hippolyte par Sébastien et Cédric Bermann. Après s’être fait remarquer dès son premier DAC, le fabriquant du Haut-Rhin a développé ses produits en créant une gamme un peu plus abordable, dénommée One, dans laquelle sont apparus un DAC ayant la possibilité d’être associé à une section de préamplification et à une carte réseau, puis un bloc de puissance. Aujourd’hui, la combinaison de ces appareils permet de présenter un inédit tout-en-un, combinaison d’un convertisseur-préamplificateur-lecteur réseau avec une partie d’amplification, pour créer le B.audio Alpha One. Autonome, cet appareil n’est plus qu’à relier à une paire d’enceintes pour profiter de toute sa finesse et sa pureté d’écoute.
Versions allégées des B.Dac et B.Dpr, les B.Dac One et B.Dpr One se montrent juste légèrement moins robustes sur leurs alimentations et quelques composants, pour délivrer environ 85 % des performances de la gamme Référence, à un prix environ 35 % inférieur.
D’un rapport qualité-prix alors parmi les meilleurs dans le très haut de gamme, les produits de la gamme One de B.Audio se sont par la suite développés vers l’amplification avec le bloc de puissance B.Amp One, directement dérivé du bloc stéréo B.Amp Référence (commutable en mono), dont une version ultérieure B.Amp Mono a permis d’affiner encore les recherches.

B.DPR ONE EX + B.AMP = ALPHA ONE
Apparu tout récemment avec deux ans de retard sur le planning initial, tant les développements ont été poussés pour créer le meilleur produit possible, l’Alpha One est le dernier-né de la marque du Haut-Rhin et conjugue toutes les caractéristiques des modèles précités.
Dans un châssis à façade aluminium anodisée toujours aussi épurée, légèrement repensée pour y insérer plus de boutons de commande, ce nouveau tout-en-un est l’alliance du lecteur-préampli B.Dpr One Ex avec un bloc de puissance stéréo B.Amp, ce dernier légèrement revu à la baisse afin de rentrer dans les 45 cm de largeur pour 39,5 cm de profondeur, et surtout seulement 10,2 cm de hauteur.
AMPLIFICATION ET PRÉAMPLIFICATION ANALOGIQUE
Basée sur la technologie IOD (Intelligent Output Drive), conçue pour éliminer au maximum les distorsions de croisement habituelles sur les étages de sortie en classe AB, l’amplification reprend le schéma du B.Amp avec des transistors en classe A, au nombre de quatre plutôt que six pour gagner en compacité, placés entre l’étage de gain en tension et les transistors de sortie.
Afin de limiter également les contre-réactions, notamment des courants de retour en provenance des enceintes, des boucles locales sont intégrées, associées à une impédance de sortie élevée par rapport aux étages en amont afin de maintenir une grande linéarité de fonctionnement de l’étage de sortie.
Pour la préamplification, on retrouve très exactement la technologie d’un B.Dpr One, soit un étage parfaitement symétrique sans condensateur de couplage, dans lequel le brevet ASP (Analog Symmetrical Preamplifiers) permet d’ajouter un circuit en dehors du trajet du signal, avec quatre réseaux de résistances discrètes (contre six sur la gamme Référence) commutés par des relais ; un réseau pour chaque point positif et négatif par canal.
Afin de permettre l’intégration de sources asymétriques, une symétrisation active est intégrée avant l’étage de sélection d’entrée ; elle permet d’ajouter sur le panneau arrière deux paires de borniers RCA en plus de la paire symétrique XLR, référente en regard de la structure double-mono de la préamplification de l’Alpha One. Afin de limiter encore les interférences, toute la partie analogique reçoit son courant d’un gros transformateur toroïdal, le second plus petit de la marque Talema servant à alimenter toutes les sections numériques.

CARTES NUMÉRIQUES
Déjà bien connue grâce aux DAC, la partie conversion numérique-analogique se démarque non tant par sa conversion elle-même, basée sur un DSP à partir d’une puce dont les algorithmes ont été retravaillés pendant plusieurs années par Cédric Bermann, que par sa technologie propriétaire d’élimination du jitter.
Dénommée SJR (Source Jitter Removal), ce brevet technique part de l’existant et associe l’utilisation de boucles de verrouillage de phase PPL avec la technologie éprouvée du sur-échantillonnage, mais en laissant vivre les données source récupérées par un algorithme de contrôle, tout en générant un signal d’horloge découplé du signal d’entrée, directement prévu pour attaquer la conversion N/A, avant que le signal analogique ne soit renvoyé vers l’étage de sortie.
Cela a pour avantage de ne jamais subir le jitter source et de laisser le signal de sortie purifié au maximum par l’horloge, au bénéfice d’une sonorité plus souple et plus aérée.
Intégrée depuis les version EX, une carte de lecture réseau bénéficie du même traitement d’horloge, pour permettre de relier directement le B.Audio Alpha One à Internet par une prise RJ45, grâce à laquelle les données peuvent transiter avec une qualité d’échantillonnage allant – comme pour l’USB audio – jusqu’au PCM 384 kHz, DXD et DSD256. Classiques, les autres entrées optiques (fois deux), SPDIF et AES/EBU permettent de lire les fichiers jusqu’au PCM 24 bits/96 kHz pour les premières et 24 bits/192 kHz pour les autres.
Avec seulement une entrée coaxiale de moins que le B.Dpr One EX, l’Alpha One maintient une entrée USB Data pour intégrer des disques durs externes, et perd en sortie analogique la paire de bornier RCA pour ne garder que celle symétrique XLR. Le fait de devoir déployer le signal vers un amplificateur de puissance devient de toute façon presque obsolète, puisque l’amplification est par nature intégrée au tout-en-un.

UTILISATION DU B.AUDIO ALPHA ONE
Découvert au salon High-End de Munich 2023 en accord avec les nouveaux panneaux Dyptique, l’Alpha One a été testé récemment sur l’un de nos systèmes référents pendant plusieurs semaines, avant d’être éprouvé sur des enceintes gourmandes en amplification comme les ATC SMC50 PSLT et les EgglestonWorks Andra III chez Concert Home.
Utilisé majoritairement en temps que tout-en-un sur sa partie lecteur réseau numérique, il a aussi été associé avec bonheur au préampli phono CH-Précision P1, avec lequel il garde une véritable cohérence philosophique quant à la neutralité et la pureté du son, et a été comparé sur ses parties de conversion numérique-analogique aux Idéon Ayazi MKII et Mark Levinson 5101.
La partie de préamplification a également été associée par les sorties XLR à des amplifications Accuphase (classe A) et Spec (classe D). En revanche, le fait de ne pas avoir de B.Amp One au même moment ne nous a pas permis de vérifier la bi-amplification, bien que le gain et la puissance de sortie de cet appareil soient les mêmes que ceux de l’Alpha One, afin de pouvoir être accouplés si besoin.
LE SON DU B.AUDIO ALPHA ONE
Typique de la sonorité B.Audio, l’Alpha One est une synthèse de ce que les frères Bermann ont réussi à créer en moins de dix ans. Toujours très fine, la conversion numérique-analogique référente des B.Dac One se retrouve ici intégrée à un appareil qui fait tout, et tout extrêmement bien.
D’abord relié à des enceintes compacts, le tout-en-un alsacien a montré sa souplesse en plus d’une grande pureté, parfait pour rendre toute la clarté et les détails des nappes de violons pour sortir de « La Nuit » de l’Alpensinfonie de Richard Strauss (version de Thielemann avec les Wiener, DG) ou entendre l’extinction jusqu’à l’infime des Berliner Philharmoniker dans Stele de György Kurtág (version Abbado, DG) encore plus longtemps qu’à la Philharmonie de Berlin quelques jours plus tôt avec Kirill Petrenko.
Très bien détourées mais sans être trop nettes, les structures se déploient avec des nuances de timbre toujours bien mises en lumière, et qui profitent presque autant des fichiers HiRes de Qobuz envoyés par Audirvana, que de fichiers HD en provenance d’un disque dur externe relié par USB.
La scène très aérée ne semble pas noire comme avec d’autres convertisseurs, mais plutôt d’une blancheur parfaitement pure, qui lui donne un volume près à se développer dès que les masses mises en jeu s’agrandissent. Avec de grands opéras, mais également perceptibles sur un album de Drake ou The Weeknd, les graves explosent avec une grande tenue vers le bas, sans jamais déborder.

Plus impressionnant, l’amplification que nous savions limitée par rapport à celle d’un B.Amp One se montre pourtant encore largement suffisante pour de très grosses enceintes, comme les ATC SCM50 pourtant bien complexe à dynamiser, ou mieux encore avec les Eggleston Works Andra III, qui gardent sous l’Alpha One une surprenante fluidité en même temps qu’une tenue sur toutes les parties du spectre, avec une belle gestion de chaque registre sur les différents haut-parleurs.
Tout aussi intéressant, le couplage avec le préampli phono CH.Precision P1 a montré une alliance inattendue, tant cet appareil suisse recherche comme le tout-en-un alsacien à s’épanouir le plus possible dans la neutralité et la pureté de la retranscription du signal musical.
NOTRE CONCLUSION
Sept ans après la création de B.Audio et l’apparition du premier DAC de la marque, Cédric et Sébastien Bermann frappent à nouveau un grand coup avec leur premier tout-en-un, Alpha One, dont on cherchera difficilement un concurrent aussi pur et fin dans cette gamme de prix.
Toujours référent sur la partie conversion et sur la qualité de la préamplification résistances-relais, ce modèle directement dérivé du B.Dpr One EX parvient à faire rentrer dans un châssis non agrandi une amplification proche de celle du B.Amp One.
Avec les mêmes technologies de purification et une puissance délivrée en classe AB de 2 x 120 W sous 8 ohms, l’Alpha One se montre largement suffisant pour des enceintes de grande sensibilité, vers lesquelles il pourra délivrer un son toujours raffiné en même temps que très bien assoupli par tous les étages du signal.
À 15 990 €, ce tout-en-un n’est déjà pas pour tout le monde, mais il remplace sans problème un couple ampli-source dans la même gamme de tarif ou plus chèr, en plus de ne plus nécessiter aucun câble de modulation et de pouvoir servir de NAS par la simple adjonction d’un disque dur externe. Discret grâce à sa hauteur mesurée et soigné par son design et sa façade en aluminium anodisé, il saura s’intégrer dans n’importe quel environnement pour simplifier une écoute toujours éthérée et remarquablement lumineuse.

Auteurs : Vincent Guillemin
Fiche technique : B.audio Alpha One
- Origine : France
- Prix : 12 200 €
- Dimensions : 255 x 1000 x 265 mm
- Poids : 18 kg
- Réponse en fréquence : 40 Hz à 30 kHz
- Sensibilité : 86 dB
- Origine : France
- Prix : 15 990 €
- Dimensions : 450 x 395 x 102 mm
- Poids : 15 kg
- Puissance de sortie
- 120 W sous 8 ohms
- 200 W sous 4 ohms
- Entrées et sorties audio : 1 x XLR ; 2 x RCA ; 1 x SPDIF ; 2 x Toslink ; 1 x AES/EBU ; 1 x USB type B ; 1 x RJ45 ; 1 x USB DATA
- Distorsion harmonique (THD+N) : <0,001 % (1-100 W, 8 ohms)
- Echantillonage
- PCM jusqu’à 24 bits/192 kHz (AES/SPDIF) ;
- PCM jusqu’à 384 kHz/DXD/DoP/DSD natif jusqu’au DSD256 (USB Audio ; RJ45)
Paru dans VUMETRE N°50
VUMETRE N°50
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