Si la réputation des casques conçus autour de transducteurs électrostatiques se base sur la finesse de restitution et de piqué de l’image sonore qu’ils délivrent, cette technologie reste particulièrement délicate à mettre en œuvre. Bien peu de constructeurs s’y risquent donc, y compris parmi les plus experts du monde du casque. Le concepteur de casques japonais Stax dispose d’un savoir-faire et d’une maîtrise de cette technologie qui remonte à plus de 70 ans. Il nous présente aujourd’hui un combi inédit avec un casque électrostatique et un ampli casque nomade ad hoc. Une première en la matière !
Le Lambda SR-L500, gratifié de nombreuses optimisations, arrive aujourd’hui en version mark 2. Ce dernier-né mise donc sur l’excellence. Il comblera les audiophiles les plus exigeants en allant même au-delà de leurs attentes en termes de naturel et de réalisme du message sonore qu’il délivre.

Un équipage mobile à très faible masse
Contrairement aux transducteurs électrodynamiques, dont l’architecture est identique à celle de haut-parleurs miniatures, les transducteurs électrostatiques ne comportent ni bobine ni aimant. Ici, leur membrane plane se base sur une mince feuille de mylar couverte d’une fine couche métallique déposée par évaporation sous vide.
Deux grilles l’encadrent. Une haute tension, de l’ordre de 500 à 600 V, est appliquée à ces grilles, ce qui a pour effet de plonger la membrane plane en mylar dans un puissant champ électrique.
En lui appliquant alors une tension alternative élevée, image du signal analogique correspondant au message sonore, la membrane se trouve attirée par l’une des grilles et repoussée par l’autre, et réciproquement, en fonction de la polarité de la tension qu’elle reçoit. Elle se met ainsi à vibrer à l’image du signal et restitue donc le message sonore. Ce type de fonctionnement présente de nombreux avantages.
En premier lieu, comme l’équipage mobile ne compte ni bobine ni fil de liaison et se résume à une simple feuille de mylar, sa masse peut être extrêmement réduite. Une spécificité qui offre aux transducteurs électrostatiques la capacité de grimper très haut en fréquence. Ainsi, pour le SR-L500MK2, Stax annonce une réponse en fréquence atteignant 41 kHz.
Une répartition homogène des forces
Par ailleurs, contrairement aux transducteurs électrodynamiques où la bobine mobile n’exerce sa force qu’au centre de la membrane, sur un transducteur électrostatique cette force est répartie de manière uniforme sur l’ensemble de sa surface.
Cette répartition homogène de la force de déplacement de la membrane réduit considérablement le taux de distorsion que présente ce type de transducteur en évitant, entre autres, l’apparition d’ondulations de surface. De même, leur comportement est irréprochable lors de la restitution des transitoires les plus complexes.
Une indispensable gestion des hautes tensions
Malheureusement, comme de tradition, cette médaille possède son revers. Nous l’avons dit plus haut, le principe de fonctionnement des transducteurs électrostatiques impose la gestion de tensions élevées. Outre celle chargée de créer le champ électrique dans lequel baigne la membrane, la tension issue du signal qui lui est appliquée doit également être élevée. Ce sont ici plusieurs centaines de volts qui sont mis en jeu.
Or, si les électroniques actuelles, basées sur des semi-conducteurs, excellent dans la gestion des faibles impédances, et donc des tensions modestes, la gestion des hautes tensions est loin d’être leur domaine de prédilection. Les casques électrostatiques doivent donc être pilotés par des amplificateurs spécifiques dont les étages de sortie sont souvent dotés de tubes.
Des éléments qui eux ne sont pas capables de traiter que des tensions élevées. Un problème pour les dispositifs électrodynamiques dotés d’une faible impédance et qui imposent l’utilisation d’un transformateur de sortie, mais qui devient ici un atout.

Un arceau subtilement conçu
Cependant, si disposer de transducteurs aux performances hors du commun est un point essentiel, encore faut-il qu’il soit associé à un châssis de haute qualité pour qu’il s’exprime pleinement. Pour répondre à cet impératif, Stax a offert au SR-L500MK2 un châssis en aluminium spécifiquement conçu pour éliminer les vibrations indésirables susceptibles de venir affecter la pureté de la restitution.
Dans le même esprit, son arceau adopte une courbure garantissant un parfait maintien des coussinets au niveau des oreilles de son porteur. Une bonne étanchéité du couplage entre le crâne de l’auditeur et les transducteurs est ainsi assurée, ce qui garantit une excellente restitution du grave le plus extrême.
Enfin, pour préserver toute la finesse du message sonore, Stax a équipé le SR-L500MK2 d’un câble de haute qualité à très faible capacitance. Il exploite six conducteurs en cuivre à très haute pureté. Du titane est ajouté dans les conducteurs afin d’optimiser encore leurs caractéristiques de transmission du signal.
L’extrémité du câble adopte un connecteur à cinq broches, standard sur ce type de casque, ce qui permet d’associer au SR-L500MK2 les différents amplificateurs pour casques électrostatiques que propose Stax.
Amplificateur nomade pour casque électrostatique SRMD10 II
Qu’il s’agisse de smartphones ou de baladeurs capables de lire les meilleurs fichiers audio Hi-Res, les lecteurs nomades sont conçus pour être utilisés avec des casques électrodynamiques. La raison de ce choix est simple. En effet, les quelques volts que délivre la batterie interne de ce type d’équipements suffisent pour les piloter.
Cependant, bien des puristes souhaiteraient leur associer des casques de meilleure qualité, et notamment électrostatiques, afin d’accéder pleinement à la finesse de restitution qu’ils sont en mesure d’offrir.
Mais se pose alors un problème majeur. À la différence des casques dynamiques qui se contentent de faibles tensions, les casques électrostatiques doivent disposer de tensions de plusieurs centaines de volts pour pouvoir fonctionner. Des tensions bien évidemment absentes sur les équipements nomades.
Stax ouvre le nomadisme aux casques électrostatiques
Le concepteur japonais a donc décidé de concevoir un amplificateur nomade spécifiquement conçu pour répondre à leurs exigences. Cet élégant boîtier vient s’intercaler entre le baladeur et le casque. Comme pour tout équipement nomade conventionnel, il est alimenté par une petite batterie interne.
Les hautes tensions indispensables pour piloter un casque électrostatique sont issues d’un convertisseur de tension continue travaillant en haute fréquence, puis dûment filtrées afin de disposer de tensions continues stables.
Ainsi, la tension de polarisation du casque est de 580 V, une valeur assez courante sur ce type d’équipement. De même, les étages de sortie du SRMD10 II, puisque telle est la dénomination de cet amplificateur nomade, disposent d’une très forte excursion en tension.
Elle atteint 200 V.rms sur une plage de fréquences s’étendant de 100 Hz à 10 kHz. Une spécificité qui permet au casque de s’exprimer pleinement, même lors de l’apparition des envolées de dynamique les plus extrêmes.
Gestion des flux numériques les plus actuels
Par ailleurs, pour que le SRMD10 II puisse exploiter au mieux les meilleurs fichiers audio Hi-Res, Stax l’a doté de convertisseurs numériques/analogiques de dernière génération.
À noter que s’il est possible de connecter le SRMD10 II directement en analogique en utilisant son entrée Line présente sous la forme d’une prise jack 3,5 mm, il reste préférable de lui appliquer les flux numériques directement issus de la lecture des fichiers audio Hi-Res.
La conversion numérique/analogique est alors effectuée par son DAC interne réalisé autour d’une puce AK4493 d’AKM. Elle assure la prise en charge du DSD natif depuis l’entrée USB du SRMD10 II.
De même, la capacité de lecture des flux PCM est étendue à 384 kHz/32 bits, ce qui répond aux exigences des flux audio Hi-Res les plus actuels. À noter que Stax a également attaché une grande importance à la sélection des composants électroniques passifs mis en œuvre, tels que résistances et condensateurs. Ceux-ci sont issus des gammes les plus qualitatives du Coréen Samsung.
Paré pour l’avenir
Enfin, le SRM-D10 II s’habille d’une coque en alliage d’aluminium robuste. Elle lui confère non seulement des lignes élégantes et modernes, mais garantit aussi une bonne durabilité associée à une grande résistance à la corrosion.
Ce choix de conception reflète le souhait de Stax d’associer esthétique et longévité, faisant de cet amplificateur non seulement un appareil aux capacités techniques lui garantissant une certaine avance sur l’évolution des formats, mais aussi un équipement durable prêt à affronter sereinement les années futures.
L’installation du Stax SR-L500 mk2 ET SRM-D10 II
Rien de plus simple ! Connectez un périphérique (iPhone, iPad, baladeur ou ordinateur) au SRM-D10 II pour l’accès au réseau et/ou aux fichiers, à l’aide d’un cordon USB, et le tour est joué. Le SRM-D10 II est facile et agréable à manipuler. Il alimente un seul casque Stax via une prise propriétaire cinq broches dite « pro ».
À l’intérieur, son DAC AKM 4493 prend soin de vos données. Enfin, ce préampli peut être utilisé sur le secteur ou de façon nomade. C’est dans cette deuxième configuration qu’il nous a gratifiés des meilleurs résultats sonores.

Le son du Stax SR-L500 mk2 ET SRM-D10 II
Dès qu’il est posé au sommet de votre crâne, le souple arceau en cuir s’oublie complètement et le confort, cette notion si fondamentale avec des écouteurs, s’apprécie sur le long terme, sans la moindre pression excessive. Voilà, même sans qu’aucune note de musique ne soit jouée, la magie Stax opère déjà.
Ensuite, on retrouve avec cet ensemble des qualités spatiales qui sont davantage celles de la reproduction réalisée par des enceintes. Cela explique pourquoi les audiophiles apprécient autant les créations du constructeur nippon. Ils y retrouvent en grande partie ce qu’ils apprécient à l’écoute de leurs enceintes acoustiques.
Il est vrai que Stax est un cas à part dans le monde du casque car il permet d’apprécier un relief sonore tout à fait cohérent et vaste sans gêner son voisinage immédiat. N’oublions pas que la marque parle de earspeakers et non de earphones. L’image en trois dimensions se déploie avec beaucoup de naturel sur un plan frontal. Rarement un casque stéréo classique sera parvenu à créer une telle sensation d’ouverture.
On bénéficie de tout le piqué dont sont capables leurs fines membranes, mais également de cette atmosphère fluide qui se déploie très largement avec beaucoup d’aisance. À cela s’ajoutent les remarquables qualités de résolution et de précision sur toute la bande de fréquence.
C’est d’autant plus frappant dans le registre du grave et de l’extrême grave où l’on perçoit des signaux qui traditionnellement ont tendance à passer à la trappe. C’est manifeste sur le jeu d’une contrebasse acoustique. Cette extension et cette puissance dans le bas du spectre est encore une spécificité du constructeur japonais qui nous a toujours gratifiés d’une bande passante ultra large.
Et comme cette « magie Stax » s’exploite désormais de façon nomade grâce au préampli ad hoc développé par la marque, il n’y a virtuellement plus de limites à son utilisation. En toute sincérité, nous n’avons pas ressenti de frustration manifeste par rapport au boîtier dit résidentiel. Et il faudra passer au modèle supérieur pour bien percevoir le saut qualitatif.
Notre conclusion
Stax continue de forger sa légende en proposant des produits pertinents dans toutes les gammes de prix. Le Japonais est aujourd’hui à la tête d’une offre panoramique qui couvre tous les besoins à des prix certes d’un certain niveau, mais permettant à la plupart des mélomanes de trouver leur bonheur en fonction de leurs moyens.
Nous avons beaucoup apprécié cette combinaison entre un casque électrostatique traditionnel et un boîtier d’alimentation nomade embarquant un DAC de grande qualité. Cela permettra aux mélomanes voyageurs d’avoir toujours avec eux le meilleur de la musique. Une grande réussite que nous saluons vivement.
Auteurs : Estève Fabry
Fiche technique : Stax SR-L500 mk2 ET SRM-D10 II
- Origine : Japon
SR-L500 mk2
- Prix : 925 €
- Poids : 350 g
- Réponse en fréquence : 7 – 41 000 Hz
- Capacité électrostatique : 110 pF
- Impédance : 145 kΩ
- Sensibilité à la pression acoustique : 101 dB
- Tension de polarisation : 580 V DC
SRM-D10 II
- Prix : 1 095 €
- Dimensions : 75 x 32 x 141 mm
- Poids : 450 g
- Niveau d’entrée nominal : 230 mV (sortie 100 V)
- Niveau d’entrée maximum : 10 V (volume minimum dans l’entrée Line In)
- Gain : 53 dB (450 fois)
- Distorsion harmonique : ≤0,025 %/1 kHz – 10 kHz
- Impédance d’entrée : 10 kΩ (entrée Line In)
- Tension de sortie maximale : m.s/100 Hz – 10 kHz
- Tension d’alimentation : DC 5 V/9 V/12 V/15 V
- Prise en charge DSD : jusqu’à DSD 256
- Prise en charge PCM : jusqu’à 384 kHz/32 bits
- Biais de sortie : DC 580 V
Paru dans VUMETRE N°54
VUMETRE N°54
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